Je travaille dans un établissement scolaire

Vous êtes enseignant, professeur des écoles, animateur de centre de loisirs ou d’atelier périscolaire, médecin scolaire ou psychologue de l’Education Nationale, AESH ou AVS, ATSEM, directeur d’établissement, personnel du service, ou toute autre personne travaillant en établissement scolaire… Vous pouvez être amené à rencontrer, côtoyer ou travailler avec un élève autiste.
Afin de faciliter les échanges et les apprentissages avec cet élève, voici quelques conseils.

Autisme : de quoi parle-t-on ?

L’autisme se manifeste par des troubles de la communication et des interactions sociales, des intérêts restreints, atypiques, des comportements à caractère répétitif, ainsi qu’une intolérance au changement. L’enfant autiste présente souvent des hyper ou hypo-sensibilités sensorielles (aux sons, à la lumière, aux couleurs, au toucher…) qui peuvent interférer dans vos relations avec lui.

L’élève autiste peut aussi présenter certaines caractéristiques rendant difficiles les apprentissages, telles qu’une impossibilité à sélectionner les informations sonores pertinentes, des difficultés à suivre les instructions verbales, à commencer une tâche ou à se concentrer, une incompréhension des expressions imagées, une focalisation sur des détails au détriment d’une compréhension globale, etc.

Toutes ces caractéristiques s’expriment avec des intensités variables selon les personnes et selon les contextes.
Vous pourrez en apprendre plus sur l’autisme en vous référant à l’article « Qu’est-ce que l’autisme ? ».

La scolarisation des enfants et adolescents autistes s’inscrit dans le cadre des dispositions de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Ces dispositions ont été complétées par la loi du 8 juillet 2013 relative à la refondation de l’école, prônant une école dite « inclusive », accueillant tous les enfants sans distinction.

La scolarisation d’un élève autiste avec notification de la MDPH implique la mise en place d’un PPS et d’un Geva-Sco.
Vous trouverez des renseignements à ce propos sur le site de l’Education Nationale et sur la plaquette « Répondre aux besoins éducatifs particuliers des élèves : Quel plan pour qui ? » d’EDUSCOL.

Cette scolarisation sera facilitée par des ajustements de la part de l’entourage de l’élève, et de la compréhension face à des comportements atypiques ou différents.

Quelques outils « de base »

Gestion de l’espace, du temps, et des activités

L’élève autiste a besoin de comprendre l’environnement dans lequel il se trouve pour pouvoir adapter son comportement à chaque lieu. Il a également besoin de pouvoir anticiper l’organisation de sa journée, de sa semaine, de bénéficier de repères spatio-temporels bien définis.
Comme il ne comprend pas nécessairement toutes les consignes collectives, et peut avoir des difficultés avec les expressions métaphoriques, l’implicite ou le second degré, il est nécessaire de consacrer un temps individuel avec lui en début d’année, en début de semaine, et régulièrement dans les journées.

En début d’année, il est conseillé d’identifier la place de l’élève (si besoin avec une photo), de lui faire visiter la classe et l’école, en lui expliquant la fonction de chaque lieu, ce qui lui permettra de se repérer dans l’espace. L’idéal pour cet élève est de se trouver dans un espace réunissant les stimuli sonores et visuels nécessaires, et réduisant le parasitage sensoriel.

Il est souhaitable de mettre en place un emploi du temps personnalisé adapté à la compréhension de l’élève, avec des objets, des images, des photos, des pictogrammes, des mots, représentant les activités. Cela lui permettra de se repérer dans le temps.
L’utilisation d’outils de gestion du temps (horloges, sabliers, minuteurs visuels, Timer) peut être très utile.

Il est également nécessaire de sécuriser l’environnement, d’être attentif au matériel utilisé (risque d’ingestion des petits objets, danger avec matériel coupant ou fragile).

Il existe de nombreux « outils » possibles à mettre en place pour favoriser la vie quotidienne à l’école, à adapter sur mesure à l’élève (par exemple ; des « carte pause » qu’il peut utiliser quand il éprouve le besoin d’un temps de répit, la possibilité de tutorat avec d’autres élèves, de la souplesse pour permettre l’accès au CDI pendant certaines récréations ou pour assouplir les règles à la cantine, etc.)

Favoriser la communication

Attention, ce n’est pas parce que l’enfant parle qu’il comprend tout. Il convient de s’adapter au niveau de compréhension et de communication de l’élève, qui varie selon chaque enfant autiste.

L’élève autiste a besoin de consignes simples, précises, et concrètes. Il convient donc d’utiliser un vocabulaire qu’il connaît, répétitif et concret, en privilégiant le visuel, les gestes ou les phrases courtes et précises ( « Prends le feutre » plutôt que « va chercher de quoi écrire », « pars en recréation » plutôt que « on y va »).

D’autres conseils utiles pour la communication - que ce soit par oral ou avec des outils visuels, ou combinant les deux - donner une seule consigne à la fois, éviter de parler pendant que l’élève effectue la tâche, ne pas poser de question ouverte, donner les consignes (verbales ou non-verbales) dans l’ordre chronologique de réalisation des tâches (exemple : « Tu découpes l’étiquette » puis « tu la colles » et non «  Avant de coller l’étiquette, tu dois la découper » ), utiliser de préférence la forme affirmative (« Marche » plutôt que « Ne cours pas »), éviter les expressions imagées ( « Il pleut des cordes » et l’ironie « Bravo ! » quand l’enfant renverse le pot de peinture), éviter d’employer des noms familiers (« Petit bonhomme », « Ma puce »).

S’appuyer sur les goûts de l’élève

L’élève autiste peut avoir besoin de motivations pour se mettre au travail, comme la perspective d’une activité qu’il aime après le temps de concentration. Il ne faut donc pas hésiter à proposer des systèmes « d’activités gratifiantes » pour le stimuler.

Les personnes autistes présentent souvent de l’intérêt pour des sujets de manière restreinte. Ce qui est parfois handicapant peut aussi être considéré comme un levier pour les apprentissages, mais aussi comme une possibilité d’interaction supplémentaire avec les autres élèves en invitant l’enfant à partager ses goûts d’une manière ou d’une autre.

Dans la cour de récréation, à la cantine, etc.

Il convient de rester attentif à l’enfant pendant les temps de récréation qui sont des temps de forte excitation sensorielle, et donc à risque.

Tout comme dans la classe ou à la cantine, il est possible d’envisager un système de tutorat dans la cour, avec des élèves volontaires pour aider l’élève autiste à profiter au mieux de ces temps récréatifs.
On peut envisager des « missions » à confier à l’élève autiste pour lui permettre de profiter de la récréation sans être déboussolé.
En accord avec les parents, un casque anti bruit peut être proposé.
Si la récréation est un espace qui génère trop de fatigabilité ou d’anxiété, il est recommandé de prévoir une autre activité avec l’élève dans un autre lieu de l’école.

Tous ces aménagements devraient permettre à l’élève de suivre une scolarité sereine en évitant les comportements problèmes.

Que faire en cas de comportement problème ?

En cas de comportement dit « comportement problème », il est recommandé de ne pas se placer dans une situation d’opposition ou de répression, mais de tenter de comprendre ce qui se passe, et d’apaiser l’élève. Toute tentative de « discipline » ne créera que davantage de perturbation pour lui et de désordre pour le groupe. Il est essentiel de lui permettre de s’apaiser, en diminuant au maximum les sollicitations sensorielles et relationnelles.

Il sera ensuite important d’analyser les causes des comportements problèmes pour anticiper les crises, comprendre ce qui les déclenche, et apprendre ainsi à les éviter (sans pour autant oublier toute notion de cadre).

Parcours scolaire individualisé

Cet élève ne pourra peut-être pas atteindre les mêmes objectifs que les autres élèves de la classe, il a besoin de plus de temps pour réussir. Il n’y a pas d’âge « normal » pour obtenir un diplôme ou un niveau. Il est recommandé de valoriser la notion de progrès plutôt que de réussite normative, tout en amenant l’élève au maximum de ses possibilités, et en lui donnant le temps de les réaliser.

L’objectif de la scolarisation inclusive est aussi de permettre à tout élève de s’insérer dans la société, quelles que soient ses différences, mais aussi de permettre à la société – en premier lieu les autres élèves – de rencontrer ces différences et de les considérer comme un élément normal de la société.

Toutes ces recommandations sont à adapter en fonction de l’âge de l’élève, mais sont valables de la maternelle à l’Enseignement Supérieur.

Dans tous les cas, il est essentiel de travailler en collaboration avec les parents, qui connaissent leur enfant, et vous donneront les meilleures informations possibles pour vous permettre de mettre en place les outils favorisant les apprentissages, et d’adapter votre comportement à l’élève.
La collaboration avec les autres partenaires accompagnant l’enfant (psychologue, orthophoniste, SESSAD, etc.) est tout aussi essentielle, dans une perspective de cohérence dans l’accompagnement global.

Vous trouverez ici quelques outils qui pourront faciliter l’accompagnement de l’élève autiste :

Les autres élèves

Il est bon de prendre le temps d’expliquer aux autres élèves, mais aussi aux parents, ce qu’est l’autisme et quelles sont les spécificités de l’élève concerné.
Si l’élève en est capable et le souhaite, vous pouvez lui proposer d’expliquer lui même ses différences et ses spécificités à la classe (ou solliciter ses parents, ou des associations spécialisées).

Vous trouverez ici un autre lien qui vous aidera à parler de l’autisme si besoin.

Vos partenaires

L’enseignant référent de l’élève autiste joue le rôle d’interface entre la famille, l’équipe éducative, la MDPH, le personnel médical, ou paramédical. Voir ici :

Le chef d’établissement et l’inspection ASH sont les interlocuteurs qui peuvent vous orienter vers les personnes ressources ou les professionnels adaptés à la situation de l’enfant.
Des intervenants extérieurs peuvent aussi être amenés à entrer dans l’établissement pour accompagner l’élève autiste, sous convention.

Le partenariat avec ces professionnels est essentiel, il vous permettra d’adapter au mieux vos stratégies éducatives, et vous apporterez des éléments aux professionnels qui leur seront utiles dans le cadre de l’accompagnement qu’ils mettent en place.

Découvrez le témoignage d’Agnès Guillaume, institutrice en maternelle.


Pour aller plus loin : les formations

Dans tous les cas, il est utile de suivre une formation sur l’autisme, qui vous sera précieuse pour cet élève mais aussi pour d’autres. Il existe des formations accessibles à tous, renseignez vous auprès de l’Education Nationale (plan académique de formation, formation négociée sur site, formations INSHEA), puis du Centre Ressources Autisme de votre région.
Ces formations vous permettront de mieux comprendre les spécificités de l’autisme et d’apprendre des outils simples pour favoriser les apprentissages… des outils que rien ne vous empêche d’utiliser aussi avec des élèves au profil plus classique.

Cliquez ici pour plus d’informations sur les formations existantes.

Si vous souhaitez parler de l’autisme aux professionnels de l’enseignement autour de vous, cliquez ici.

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