Personnel accompagnant et intervenant

Vous travaillez dans le domaine médico-social, éducatif, ou dans tout dispositif d’accompagnement (y compris en libéral), et vous intervenez auprès de personnes autistes.

L’intervention auprès de personnes autistes est tout à fait spécifique et nécessite la compréhension des particularités de leur fonctionnement, et impliquent la mobilisation de techniques, de postures professionnelles particulières.
Les recommandations de bonnes pratiques publiées par l’HAS et l’ANESM sont les repères auxquels vous devez vous référer.

Autisme : de quoi parle-t-on ?

L’autisme se manifeste par des troubles de la communication et des interactions sociales, des intérêts restreints, atypiques, des comportements à caractère répétitif, ainsi qu’une intolérance au changement. La personne autiste présente souvent des hyper ou hypo-sensibilités sensorielles (aux sons, à la lumière, aux couleurs, au toucher…) qui peuvent interférer dans vos relations avec lui. Il peut aussi présenter certaines caractéristiques rendant difficiles la relation (impossibilité à sélectionner les informations sonores pertinentes, non-compréhension des expressions imagées, focalisation sur un détail au détriment d’une compréhension globale, etc.)

Toutes ces caractéristiques s’expriment avec des intensités variables selon les personnes et selon les contextes.
Vous pourrez en apprendre plus sur l’autisme en vous référant à l’article « Qu’est-ce que l’autisme ? ».

Les Recommandations de Bonne Pratiques Professionnelles

Les Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles sont une série de textes publiés par l’ANESM (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux, afin d’homogénéiser les pratiques professionnelles dans le domaine sanitaire et social, et de promouvoir la culture de la bien-traitance.
Ces recommandations sont des guides pour les professionnels mais aussi les familles.
En vous y plongeant, vous trouverez des informations sur le dépistage, l’évaluation continue et l’accompagnement des personnes autistes. Vous trouverez également des conseils pour le suivi médical ou social, la prévention et la gestion des comportements-problèmes, l’organisation de soins cohérents et continus autour de la personne.
Vous y lirez également l’importance du travail en partenariat avec les familles.

Vous trouverez le guide de ces bonnes pratiques ici :

Ainsi qu’un résumé de ces Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles ici :

Ou encore des questions-réponses à leur sujet ici :

Avoir des Références théoriques claires

Il est important de choisir les références théoriques qui conviennent à l’autisme. « Les interventions doivent être fondées sur une approche éducative, développementale et comportementale » (Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles, 2012).
Les interventions sont globales et coordonnées dans tous les domaines fonctionnels, avec des objectifs précis et évaluables, qui tiennent compte du profil de développement de chaque personne.
Une attention particulière est portée aux modalités pédagogiques adaptées à la manière d’apprendre et de fonctionner de la personne.

Les formations

Dans tous les cas, il est indispensable de suivre une formation spécifique. Les ARS, les CRA, disposent de listes des ressources dans votre secteur pour vous orienter au mieux. La formation n’est pas suffisante. Pour bien intervenir, il est nécessaire de bénéficier d’une supervision qui permet un accompagnement sur la durée : un échange avec un expert permettant d’améliorer sa pratique.

Des formations spécifiques existent selon votre domaine d’intervention : outils d’évaluations, communication, sensori-motricité, approches développementales et comportementale, approches éducatives structurées, aménagement du temps et de l’espace, prévention et gestion des comportements problèmes…
La supervision (par un intervenant extérieur) des pratiques est garante d’une pratique adaptée au long cours.

Les formations peuvent être financées dans le cadre du plan de formation de son établissement, ou dans le cadre des dispositifs de la formation continue (contacter son OPCA)

Pour mémoire, un professionnel est tenu d’actualiser ses connaissances en permanence. Les formations sont le meilleur moyen pour cela.

Se préparer à l’accompagnement

  • Connaître le diagnostic de la personne : intensité de l’autisme et éventuels troubles associés (déficience intellectuelle, épilepsie, troubles du sommeil, de l’alimentation (et digestion), anxiété, dépression, syndrome génétique…)
  • Connaître les spécificités comportementales et développementales de la personne dans tous les domaines de la vie quotidienne.
  • Fonder tout accompagnement sur une évaluation fonctionnelle de la personne visant à repérer ses capacités et ses difficultés dans les domaines suivants : sensoriel, moteur, cognitif, émotionnel, communication expressive et réceptive.
  • Associer et impliquer la famille et les proches de la personne à toutes les étapes de l’accompagnement. Leur expertise est précieuse et demeure un atout pour l’indispensable généralisation des apprentissages.
  • Proposer un accompagnement personnalisé qui s’appuie sur les intérêts de la personne. Solliciter et entretenir ses compétences.
  • Garantir la cohérence des interventions et des positionnements des professionnels entre eux et avec la famille (modalités de communication et d’interaction, repères spatio-temporels, apprentissages par étapes, objectifs raisonnables et concrets, encouragements et récompenses…).
  • Partager les informations et observations nécessaires à l’accompagnement telles que son état de santé, sommeil, alimentation, digestion…
  • Assurer un suivi de santé, qui tient compte des modes de communication de la personne, de ses particularités sensorielles, de sa manière de se nourrir et de dormir.

Intervenir

  • Faciliter le traitement de l’information par un environnement sécurisant constitué de repères stables, visualisés, en structurant le temps et les espaces, en proposant des aides concrètes physiques, gestuelles, visuelles et démonstratives, en proposant des supports visuels pour faciliter la compréhension et l’expression (même quand le langage oral est présent) des besoins fondamentaux, notamment demander de l’aide et signifier une douleur.
  • Développer une pédagogie concrète permettant l’acquisition d’un savoir par l’expérimentation et la mise en situation répétées et régulières d’apprentissages. En favorisant la généralisation des acquis dans des contextes différents. En s’assurant que la personne dispose d’activités valorisantes, utiles à son autonomie et suffisamment porteuse de rôles sociaux. En rendant tangible et compréhensible l’intérêt de l’activité proposée (notion de récompense, de renforçateur, de plaisir…). En mettant en œuvre des stratégies pour aider la personne à mieux gérer les changements, l’attente et les transitions.
  • Donner à la personne les moyens de s’exprimer et de comprendre, en tenant compte de ses modes de pensées, de perception et de traitement de l’information. Cela doit demeurer une priorité constante dans un contexte d’intervention, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie. L’absence de supports de communication peut avoir pour conséquence de rendre la personne dépendante et de la priver de ses capacités d’expression , et donc d’être une source de comportements problèmes. Apprendre et utiliser tous modes de communication alternatif et augmentatif : images, gestes, objets, en support du langage verbal. Soutenir les compétences adaptatives et permettre l’apprentissage des habiletés alternatives à l’expression de comportements dits problèmes ou inadaptés. En entraînant la personne aux habiletés sociales en vue de faciliter ses capacités à interagir dans des contextes sociaux quotidiens. En favorisant un environnement apaisant qui tient compte de ses spécificités sensorielles et physiques dans tous les contextes environnementaux et en permettant à la personne de se ressourcer.

La question de la prévention et de la gestion des comportements problèmes

Il est important de ne pas les confondre avec les caractéristiques inhérentes à l’autisme : compréhension, expression et traitement de l’information, particularités sensorielles et de perception notamment de la douleur, particularités cognitives et émotionnelles.
Un comportement est considéré comme problématique quand il présente un danger pour la personne ou pour autrui, quand il compromet ou rend impossible les apprentissages et la vie sociale, quand il nécessite une surveillance continue de la personne, quand leur durée et leur fréquence sont envahissants.

  • Evaluer : repérer les événements qui dans un contexte donné génèrent et /ou maintiennent les comportements problèmes. Identifier les facteurs physiques et environnementaux qui contribuent à leur apparition et tenter de comprendre pourquoi (voire dans quel but) ils apparaissent.
  • Intervenir : procéder à un examen somatique, modifier les contextes repérés « déclencheurs », agir sur les comportements positifs de la personne, aménager des espaces apaisants et de ressourcement.
  • Transmettre et partager afin de prévenir : les contextes et facteurs qui génèrent ou augmentent les comportements problèmes, les fonctions (les utilités pour la personne) précises des comportements problèmes, les interventions ou ajustements de l’environnement repérés comme favorisant la diminution des comportements problèmes, les modes d’interventions repérés comme étant efficaces pour gérer les comportements problèmes. Les évolutions et améliorations observées sont systématiquement notées, de même ce qui ne fonctionne pas.

Si vous souhaitez parler de l’accueil des personnes autistes en entreprise, cliquez ici.

Articles associés

Vous êtes amenés à côtoyer ou travailler avec une personne autiste sur votre lieu de travail. Afin (...)

Le monde du travail

Vous êtes amenés à côtoyer ou travailler avec une personne autiste sur votre (...)