L’état des connaissances

Synthèse du rapport de la HAS 2010

Les connaissances scientifiques sur l’autisme et les Troubles Envahissants du Développement (TED) ont connu tellement d’avancées ces dernières années que les autorités sanitaires ont décidé, à l’occasion du Plan Autisme 2008-2010, d’établir un document répertoriant les données scientifiques disponibles, les techniques éducatives ou rééducatives, et les pratiques thérapeutiques.
Ce document (consultable ici) synthétise donc l’état des connaissances.

Définition

La classification internationale des maladies CIM y est reconnue comme classification de référence.
Dans l’attente de la version CIM-11, la version CIM-10 reste valide. Elle décrit l’autisme comme partie des Troubles Envahissants du Développement, eux-mêmes définis comme « des troubles caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales réciproques et des modalités de communication, ainsi que par un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif. Ces anomalies qualitatives constituent une caractéristique envahissante du fonctionnement du sujet, en toutes situations ».

On estime que l’autisme toucherait 1 personne sur 100.


Différentes catégories de Troubles Envahissants du Développement

Outre une catégorisation plus récente en terme de troubles du spectre de l’autisme, huit catégories de TED sont identifiées dans la CIM-10, et sont susceptibles d’apparaître dans le certificat médical :

  • L’autisme infantile : c’est un trouble envahissant du développement qui apparaît précocement dans l’enfance puis concerne tous les âges de la vie. Il peut altérer dès les premiers mois de vie la communication et l’interaction sociale.
  • L’autisme atypique : il se distingue de l’autisme infantile en raison de l’âge de son apparition ou de ses symptômes.
  • Le syndrome de Rett, caractérisé par un développement apparemment normal jusqu’aux 5 mois de l’enfant puis la survenue d’une décélération de la croissance crânienne, la perte des compétences acquises, l’altération du langage et un retard psychomoteur sévère.
  • Autre trouble désintégratif de l’enfance, caractérisé par un développement apparemment normal jusqu’aux deux ans de l’enfant puis une perte des acquisitions antérieures.
  • Hyperactivité associée à un retard mental et à des mouvements stéréotypés.
  • Syndrome d’Asperger : il se distingue par une absence de tout retard général, cliniquement significatif, du langage ou du développement cognitif, mais une altération qualitative des interactions sociales, ainsi que le caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités.
  • Autres troubles envahissants du développement.
  • Trouble envahissant du développement, sans précision.

Les causes de l’autisme (ou les non-causes)

Si les causes de l’autisme ne sont pas expliquées par l’état des connaissances scientifiques, le rapport écarte en revanche des événements ayant autrefois pu être soupçonnés comme cause de l’autisme, mais pour lesquels la médecine a aujourd’hui prouvé qu’il n’en n’est rien.
La mise au point la plus importante, qui ne semble pas encore suffisamment ancrée dans l’opinion publique est celle-ci : les connaissances scientifiques confirment que les caractéristiques psychologiques des parents ne sont pas la cause de l’autisme de l’enfant. La théorie selon laquelle un dysfonctionnement relationnel entre la mère et l’enfant serait à l’origine du trouble est totalement erronée.
Sur un plan plus secondaire, et toujours contrairement à beaucoup d’idées reçues, il n’existe pas de lien prouvé entre l’autisme et l’intolérance au gluten, l’autisme et les vaccins infantiles, l’autisme et la présence de mercure dans l’environnement, ou d’autres hypothèses parfois farfelues.

Les troubles associés

Le rapport liste les pathologies et troubles associés aux Troubles Envahissants du Développement ; ils sont fréquents (troubles du sommeil, troubles de l’audition ou de la vue, anxiété, troubles alimentaires et du transit, dépression, déficit de l’attention, hyperactivité, épilepsie, déficience intellectuelle…) et il faut les identifier afin de bien les distinguer de l’autisme.
On appelle ce phénomène la comorbidité.

L’évolution de l’autisme

Le diagnostic initial d’autisme infantile reste stable pendant toute la vie dans 80 % à 92 % des situations étudiées. Cependant, les symptômes résultant de l’autisme, en particulier ceux de la triade (troubles de la communication et du langage, des interactions sociales et les comportements répétitifs) peuvent se modifier au cours de la vie, notamment lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Une aggravation des symptômes peut s’observer à l’adolescence.

Les études sur les stratégies éducatives montrent que la précocité des stimulations offertes
par les dispositifs éducatifs et de soins est un facteur positif d’influence sur le développement de la personne et sur l’intensité de ses troubles.
C’est pourquoi il est indispensable d’entamer une démarche de diagnostic au plus tôt, afin de bâtir le projet personnalisé d’accompagnement avec les équipes de spécialistes, qui sauront s’adapter aux besoins particuliers de la personne concernée.

Evolution de l’état des connaissances

Notons que de nouvelles connaissances ont émergé depuis ce rapport de la HAS. L’autisme est désormais regroupé parmi les troubles neuro-développementaux (au même titre que la dyslexie, la dysphasie, le trouble du déficit de l’attention ou la déficience intellectuelle). Dernièrement, on reconnaît qu’il n’y a pas de méthode éducative universelle et que la méthode comportementale et développementale choisie doit être adaptée au profil de la personne autiste.
Les différentes catégories de TED détaillées ici sont amenées à disparaître dans la prochaine classification internationale à paraître prochainement.

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