Intervention précoce

Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles insistent sur l’importance de mettre en œuvre des interventions précoces, dès suspicion d’un trouble du trouble du neuro-développement incluant les troubles du spectre de l’autisme. L’organisation actuelle du parcours, du repérage au diagnostic, ne permet pas ces interventions précoces : c’est donc tout l’enjeu du deuxième engagement de la Stratégie Nationale pour l’Autisme, de permettre une prise en charge rapide et efficace.

Un repérage systématique qui s’appuie sur les visites obligatoires des 9e et 24e mois

Les recommandations de bonnes pratiques de la HAS indiquent que le premier signe d’alerte majeur est l’inquiétude des parents au sujet du développement de leur enfant et particulièrement sur le plan du langage et des interactions sociales. Les signes d’alerte peuvent également être détectés par tout professionnel en contact avec l’enfant dans les secteurs de la petite enfance ou de l’enfance ou les enseignants en maternelle et cours préparatoire.
En parallèle de ce repérage, qui doit conduire à une consultation dédiée en soins primaires, les examens médicaux obligatoires dans le cadre du suivi de santé du nourrisson et de l’enfant, et en particulier les visites obligatoires du 9e et 24e mois de l’enfant, prises en charge à 100 % par l’assurance maladie et réalisées par un médecin généraliste ou un pédiatre, doivent constituer des moments de recherche de signes d’alertes, en intégrant une attention particulière pour la communication sociale (interactions sociales, communication non verbales puis verbales) au même titre que la motricité, le contrôle postural et la locomotion.

Des professionnels formés au repérage, au diagnostic et à l’intervention précoce

Il est habituel de désigner comme « premières lignes » du repérage des enfants ayant des troubles du neuro-développement, les structures et professionnels suivants :

  • professionnels de la petite enfance : auxiliaires de puériculture, assistantes maternelles, éducateurs de jeunes enfants, éducateurs spécialisés, etc. ;
  • professionnels de l’éducation nationale : enseignants, infirmiers, psychologues et médecins ;
  • professionnels de santé exerçant en libéral, en service de protection maternelle et infantile (PMI) ou structures de type maison pluridisciplinaire de santé, notamment : médecins généralistes, pédiatres, professionnels paramédicaux (infirmiers, puéricultrices, orthophonistes, psychomotriciens, masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthoptistes) et psychologues.

Les professionnels de la petite enfance et de l’Éducation nationale doivent être en capacité de donner l’alerte sur ces signes inhabituels et d’orienter vers les professionnels de santé en capacité de procéder à des examens approfondis dans leur champ de compétence, dans le cadre de consultations dédiées, et de prescrire des examens complémentaires.

Des plateformes de coordination et d’orientation « autisme TND »

Les interventions précoces préconisées par les recommandations de bonnes pratiques de la HAS pour l’autisme et les TND, sont couvertes par l’assurance maladie (examen ORL, orthophonie, visuel, etc.), ou nécessitent l’accès à des professions non conventionnées (psychomotriciens, psychologues d’évaluation, ergothérapeutes).

L’ensemble de ces examens et interventions peut être mis en œuvre dans les structures de deuxième et troisième ligne (financées par la sécurité sociale et, dans certains cas, les conseils départementaux), par des équipes pluridisciplinaires, en fonction des besoins des enfants autistes, ou en libéral dans le cadre du « forfait précoce » mais coordonné par la plateforme.
Dans ce cadre, les parents n’ont aucune avance de frais et les Agences Régionales de Santé coordonnent les mises en places des interventions précoces : l’enjeu est de sécuriser la gestion du suivi, et permettre une intervention au plus près des besoins des personnes, combinées en interne et en externe à la structure.

Un forfait « interventions précoces, autisme - TND »

Ce forfait mis en place par la Stratégie nationale pour l’autisme est destiné à solvabiliser le recours aux interventions de professionnels libéraux non conventionnés, (hors structures de deuxième ligne), en prenant en compte les besoins très spécifiques de chaque enfant.

Ce nouveau dispositif, qui courra sur toute la durée de la stratégie quinquennale, pourrait avoisiner un coût total annuel de 90 millions d’euros.