Autisme : définition et signes d’alerte

L’autisme et les troubles du neuro-développement (TND) sont des troubles qui apparaissent dès l’enfance. Ils se caractérisent par une perturbation du développement cognitif et/ou affectif, entraînant un important retentissement sur le fonctionnement adaptatif, scolaire, social et familial.

L’autisme : qu’est-ce que c’est ?

On estime que l’autisme toucherait 1 personne sur 100.



L’autisme est un système de fonctionnement perceptif et sensoriel particulier, qui agit principalement sur :

  • la communication et les interactions sociales ;
  • les modes de comportement ;
  • et le fonctionnement neuro-sensoriel et le mode de pensée de la personne atteinte.

Comment se manifeste ce mode de fonctionnement particulier ?

Il existe plusieurs formes d’autisme qui se manifestent de façon différente selon les personnes, et peuvent être repérées dès la petite enfance, même si le diagnostic est possible tout au long de la vie.

  • Les cinq sens de la personne autiste, son système vestibulaire (c’est-à-dire son équilibre et sa capacité de mouvement), ainsi que son système proprioceptif (la perception de son corps) et la sensibilité agissent différemment.
  • La personne présente aussi souvent des hyper ou hypo-sensibilités sensorielles (sons, lumière, couleurs, toucher…).
  • Il est également difficile pour une personne autiste d’activer plusieurs sens à la fois.
  • L’hyperperceptivité de la personne autiste débouche sur une forme de pensée en détail et une certaine rigidité mentale : un besoin de formalisation très clair et une forte résistance au changement, de la difficulté à se mettre à la place des autres, une incapacité à percevoir le mensonge et la manipulation…

Tous ces signes s’expriment avec des intensités variables.

Pourquoi parle-t-on de “spectre” de l’autisme ?

On parle de troubles du « spectre » de l’autisme (TSA), car le terme d’”autisme” recouvre une réalité très large, très variée et très hétérogène. Chaque personne peut se situer à des degrés différents dans le spectre de l’autisme, selon la fréquence et l’intensité de ses particularités.

Certains vont beaucoup parler alors que d’autres auront des difficultés d’expression, certains auront besoin de temps pour réaliser des apprentissages alors que d’autres vont parfaitement les maîtriser.

Pourquoi les troubles autistiques sont-ils différents ?

La grande diversité de formes de l’autisme est notamment liée au fait que l’autisme est très souvent accompagné d’autres troubles ou pathologies (troubles du sommeil ou de l’alimentation, épilepsie, hyperactivité, déficits intellectuels, trisomie 21…).

Ces troubles ne sont pas des caractéristiques de l’autisme, mais s’y associent fréquemment. C’est pourquoi il est important de les identifier de manière distincte de l’autisme. Ce sont bien souvent ces pathologies associées qui font naître les premiers doutes ou qui conduisent les familles chez le médecin. On appelle ces troubles ou pathologies associées la comorbidité.

La comorbidité désigne les troubles ou pathologies associés à l’autisme.

La façon dont l’autisme se manifeste est très variée en raison de la multitude des symptômes, du degré d’autisme présenté, des pathologies et troubles éventuellement associés, de la présence ou non d’une déficience intellectuelle, etc.

Si la nature et l’intensité des troubles varient selon les personnes, elles évoluent aussi au cours du temps chez une même personne, et peuvent également être différente selon les accompagnements proposés.

Quels sont les signes d’alerte de l’autisme ?

Les formes d’autisme sont nombreuses et s’expriment différemment selon les individus, mais deux grands types de signes communs sont toutefois identifiés :

Une particularité ou déficit de la communication : peu ou pas du tout de langage, langage incohérent, répétition inadaptée des derniers mots entendus ou de morceaux de phrases (écholalies), communication non-verbale absente ou inadaptée, difficulté à exprimer ses émotions, non-compréhension de l’implicite et second degré… ainsi que des particularités dans les interactions sociales, telles que la non-adaptation des regards, la difficulté à respecter des tours de paroles, l’incapacité à se mettre à la place de l’autre, à partager un intérêt, l’hyper-perception, le sens du détail…

Une présence de comportements répétitifs : répétition involontaire et rythmique des mêmes mots, gestes ou rituels, actions répétitives (stéréotypies), obsessions ou passions obsessionnelles, routine, focalisation sur un sujet et perturbation provoquée par l’imprévu…

Les signes d’alerte de l’autisme chez l’enfant
- Ne cherche pas l’objet qu’on vient de cacher ou ne réagit pas à son prénom à 12 mois ;
- Ne montre pas avec le doigt à l’adulte ce qui l’intéresse à 18 mois ;
- Ne sait pas dire spontanément plus de 10 mots à 24 mois ;
- Perte de langage ou de compétences sociales quel que soit l’âge

Comment repérer les troubles du “spectre” de l’autisme ?

Des évaluations fonctionnelles réalisées par des équipes pluridisciplinaires permettent, tout au long de la vie, de décrire chaque personne sur la base de ses compétences et de ses difficultés. Cette description est amenée à être revue et adaptée au fur et à mesure de la vie.

- Plus d’infos dans la rubrique "Du repérage et diagnostic"

L’autisme au sein des troubles du neuro-développement

Tout savoir sur les troubles du neuro-développement dans cet article.

Que sont les troubles envahissants du développement ?

Aujourd’hui, les classifications internationales renoncent à classer les types d’autisme en grandes catégories (Kanner, Asperger, TED-NOS…), et ont abandonné la notion, longtemps utilisée, de « Troubles Envahissants du Développement » (TED), au profit de « Troubles du Spectre de l’Autisme » (TSA).

Mais cette révision des termes étant récente, et pas encore généralisée, vous entendrez certainement ces expressions, ces noms, ou ce vocabulaire au cours de vos démarches, il est donc important que vous les connaissiez.