Que sont les troubles du neuro-développement ?

Le neuro-développement recouvre l’ensemble des mécanismes qui, dès le plus jeune âge, et même avant la naissance, structurent la mise en place des réseaux du cerveau impliqués dans la motricité, la vision, l’audition, le langage ou les interactions sociales.

Quand le fonctionnement d’un ou plusieurs de ces réseaux est altéré, certains troubles peuvent apparaître : troubles du langage, troubles des apprentissages, difficultés à communiquer ou à interagir avec l’entourage. On parle des troubles du neuro-développement, parmi lesquels figure l’autisme.

Les troubles du neuro-développement se manifestent souvent très tôt : ils sont, la plupart du temps, repérables avant que l’enfant entre à l’école, souligne la classification de référence du DSM-5 [1].

Leur détection précoce permet de mettre en place, le plus tôt possible, un accompagnement adapté pour pallier les troubles du comportement et des apprentissages et limiter le sur-handicap. C’est l’objet du forfait bilan et intervention précoce de la stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement qui sera mis en place dans les prochains mois.

Comment repérer les troubles du neuro-développement ?

Le professeur Catherine Barthélémy, pédopsychiatre, professeure émérite à la faculté de médecine de Tours et membre du Conseil national des troubles du spectre autistique et des troubles du neuro-développement explique :

« Les troubles du neuro-développement se repèrent grâce à un faisceau d’indices, qui peuvent alerter les parents ou les personnes de l’entourage du bébé ou du jeune enfant (grands-parents, assistantes maternelles, voire professionnels médicaux ou paramédicaux amenés à intervenir auprès de l’enfant). Les signes d’alerte peuvent être des troubles moteurs, par exemple une faiblesse musculaire de la nuque qui fait que l’enfant ne se tient pas bien, un retard d’acquisition de la marche, de la parole, une pauvreté des échanges de regards. Pour illustrer avec des exemples concrets : les parents peuvent remarquer que le bébé ne se retourne pas lorsqu’on lui parle, qu’il ne tend pas les bras lorsqu’on se penche vers lui, qu’il ne suit pas du regard un objet lumineux, qu’il ne gazouille pas, ou encore, vers 18 ou 24 mois, qu’il ne pointe pas du doigt un objet qu’il veut désigner. Tous ces petits signes doivent alerter les parents et les conduire à consulter, dans un premier temps, le pédiatre ou le médecin généraliste qui pourra faire des explorations complémentaires avant d’adresser l’enfant, si nécessaire, à une équipe spécialiste du neuro-développement, capable d’évaluer la situation de l’enfant. Cette structure pluridisciplinaire pourra réaliser un bilan complet visant à cartographier les besoins de l’enfant. A la clé, il y a la possibilité de proposer des interventions programmées sur mesure, en fonction des besoins repérés (par exemple, des séances d’orthophonie, de psychomotricité, un accompagnement par un psychologue compétent), afin de faire progresser l’enfant et d’éviter un sur-handicap. »

Pour favoriser la mise en œuvre du bilan et des interventions précoces pour tous les enfants qui en ont besoin, la loi de financement de la sécurité sociale 2019 prévoit la création d’un forfait pris en charge par l’Assurance Maladie. Ce forfait repose notamment sur la mise en place, par les agences régionales de santé (ARS), de plateformes d’orientation et de coordination capables de proposer aux familles, dès les premiers signes d’alerte, un bilan et des interventions adaptées ou bien de les orienter vers les professionnels libéraux respectant les recommandations de bonne pratique avec lesquels elles auront passé un contrat. Ce nouveau parcours permettra le remboursement par l’Assurance maladie, des interventions des psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens exerçant en libéral, qui n’étaient jusqu’alors pas prises en charge.

→ En savoir plus sur la mise en place du forfait précoce
→ Consultez l’article sur le repérage et le diagnostic

[1Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux communément appelé DSM (disponible en français depuis 2015 dans sa cinquième version : DSM-5)