Engagement 1

Création d’un groupement d’intérêt scientifique et d’un réseau de recherche

Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) coordonne et réunit l’ensemble des acteurs majeurs du domaine de l’autisme et des troubles du neuro-développement (TND) pour favoriser les projets pluridisciplinaires.

Objet, contexte, objectifs :

Le groupement d’intérêt scientifique a pour objectif de mettre la recherche en réseau et d’organiser le partage et l’interopérabilité des données.

Le GIS inclut des acteurs du soin tels que les centres de ressources autisme mais aussi des associations de personnes concernées et les familles. Il est l’outil adéquat pour promouvoir la coopération entre la communauté́ scientifique intéressée et les institutions publiques.

Le GIS s’appuie sur des organisations de recherche d’excellence : cinq centres d’excellence (voir l’engagement 1 - thématique 2)et des chefs de clinique (voir l’engagement 1 - thématique 3).

Mise en œuvre :

Le GIS est lancé et de premiers travaux scientifiques sont en cours. Il fédère plus de 100 équipes de recherche de l’Inserm, du CNRS, du CEA ou encore de l’INRAE [1].

La recherche est organisée autour de quatre thématiques majeures :
1. La période périnatale et la prématurité
2. Les trajectoires de développement
3. La trajectoire évolutive de l’adolescence à l’âge adulte
4. Les troubles du spectre de l’autisme à l’âge adulte

En 2020, 19 nouvelles équipes de recherche ont rejoint le GIS. Parmi elles, 16 réalisent un travail de recherche dans le domaine des TND autres que l’autisme : le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité́ (TDAH), le trouble du développement intellectuel, les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (troubles dys), etc. Quatre groupes portent des projets en sciences humaines et sociales. D’autres équipes sont amenées à être intégrées au groupement d’intérêt scientifique.

Les associations représentées au sein de ce groupement sont l’Unapei, la Fédération française des Dys, TDAH France et la Fédération Sésame autisme.

Le chiffre clé : 100 équipes de recherche collaborent via le groupement d’intérêt scientifique.

“Avec la création du groupement d’intérêt scientifique, nous allons enfin disposer de moyens pour travailler ensemble, nous réunir et confronter nos travaux et impulser au niveau national une politique scientifique concertée.” - Témoignage d’un chercheur
Action réalisée à 100 %

En savoir plus

Le GIS Autisme et TND : un consortium national multidisciplinaire regroupant 104 équipes de recherche labellisées

Désignation de 5 centres d’excellence

Ces cinq centres d’excellence permettent d’établir un continuum entre l’expertise diagnostique et thérapeutique, la recherche clinique et fondamentale ainsi que la formation universitaire et continue.

Objet, contexte, objectif :

La désignation de ces cinq centres d’excellence par un jury international indépendant vise à structurer une communauté de recherche forte, capable de travaux interdisciplinaires et étroitement connectée aux secteurs d’activité concernés (sanitaire, éducatif, etc.) pour doter la France d’une recherche d’excellence dans ce domaine.

L’existence de ces centres vise à améliorer la situation globale des personnes autistes en fournissant des dispositifs de repérage, de diagnostic, de soins et d’accompagnement appuyés par la recherche, la formation et l’innovation.

Mise en œuvre :

Les cinq centres d’excellence désignés :

1. L’ “Excellence in Autism Center” (Exac-T) porté par le CHRU de Tours, coordonné par la Pr Frédérique Bonnet-Brilhault.
2. L’Excellence center for Autism and Neurodevelopmental Disorders (InovAND) porté par l’hôpital Robert-Debré́, AP-HP, coordonné par le Pr Richard Delorme.
3. Le “Center of Excellence for Autism and Neurodevelopmental Disorders” (CeAND), porté par le CHU de Montpellier et coordonné par la Pr Amaria Baghdadli
4. Le centre “Inside the Autistic Mind” (iMIND), porté par le CHU de Lyon, coordonné par la Pr Caroline Demily.
5. Le centre “Strasbourg translational research on the Autism Spectrum and Neurodevelopmental Disorders” (STRAS&ND), porté par le CHU de Strasbourg, coordonné par la Pr Carmen M. Schröder.
Les trois premiers centres ont été désignés en 2019 et bénéficient depuis de financement complémentaire. Les deux autres centres ont été désignés en 2020.

Action réalisée à 166 %

Création de postes de chef de clinique

La création de postes de chef de clinique permet à de jeunes chercheurs d’être financés pour développer des projets de recherche dans ces domaines.

Objet, contexte, objectif :

En 2018, la stratégie nationale pour l’autisme au sein des TND est le résultat d’un constat : les équipes de recherche françaises sont insuffisamment mobilisées sur le champ des troubles du spectre de l’autisme (TSA) et des TND. Il était donc urgent d’inciter de jeunes chercheurs à développer leur carrière sur le long terme sur ces problématiques.

De plus, les fonctions de soins, de formation et de recherche sont difficiles à remplir simultanément. Elles nécessitent de pouvoir y dédier des temps d’activité́, seulement garantis dans un milieu hospitalo-universitaire.

Les projets de recherche de ces chefs de clinique permettent donc de progresser dans la connaissance des causes de l’autisme, l’identification de biomarqueurs ou le développement de technologies et de modes d’accompagnement destinés à soutenir l’autonomie des personnes et à améliorer leur qualité de vie.

Mise en œuvre :

En 2018, neuf postes sont attribués pour la conduite de huit projets portant sur les TSA et un sur le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

En 2019, un nouvel appel à projets est lancé. Six projets sont retenus, quatre portent sur les TSA et deux sur les TND.

En 2020, cinq projets sont retenus dont deux portent sur les TSA et un sur les TND.

Le dispositif est évalué en 2021. D’ores et déjà, la création de postes de chefs de clinique a permis le développement de projets sur l’expression de la douleur à Bordeaux, sur l’utilisation de la luminothérapie contre les troubles du sommeil à Strasbourg, ou encore à Nantes pour le soutien aux parents via une application sur smartphone.

Le chiffre clé : 18 projets de recherche portés par les chefs de clinique

Action réalisée à 100 % (objectif dépassé)

Création d’un Living-Learning Lab

Pilote de la mesure, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a créé un Living Learning Lab en 2019 en collaboration avec Sorbonne Université : le LILLAB.

Objet, contexte, objectif :

Le Living-Learning Lab est complémentaire des activités de recherche. Il permet l’émergence d’innovations “appliquées” qui facilitent le quotidien des personnes et améliorent leurs apprentissages.

Le Living-Learning Lab a pour objectif d’évaluer l’intérêt et l’efficacité de projets utilisant les nouvelles technologies auprès des personnes avec troubles du neuro-développement (TND).

Pour cela, il fournit aux projets une aide à la réalisation d’une étude clinique avec notamment de l’aide méthodologique, un appui à la création de protocole, au traitement de données, etc.

Mise en œuvre :

Les deux Labs ont été créés en 2019. Un groupe de travail pluridisciplinaire rassemblant des chercheurs, des cliniciens, un éducateur, un enseignant, une orthophoniste et un représentant des personnes concernées a été créé.

Ce groupe de travail a identifié des critères de sélection et de suivi de projet, ainsi que des modèles économiques à suivre et des lieux expérimentaux.

Le Living-Learning Lab a identifié plusieurs projets portés par des entités privées et publiques (CHU, laboratoire de recherche) de maturité différente. Les thématiques de ces projets orientés vers le numérique couvrent l’éducation, la qualité de vie, la communication, la sensori-motricité ou encore la mémoire de travail.

Les expérimentations de ces projets vont, pour la plupart, se tenir en 2021.
À terme, le Living-Learning Lab permettra l’émission de recommandations concernant la création d’outils numériques à destination d’enfants et d’adultes autistes, TDAH, dys…

Pour tenir compte de la crise sanitaire actuelle, le Living-Learning lab sera amené à évoluer avec une version virtuelle, en cours d’élaboration. L’objectif est de regrouper des représentants du groupement d’intérêt scientifique autisme et TND, des centres d’excellence, des établissements et services médico-sociaux, des laboratoires de recherche et des personnes concernées par les TND.

Le chiffre clé : 8 premiers projets accompagnés

Action réalisée à 30 %

Organisation d’appels à projets de recherche

La stratégie nationale 2018-2022 pour l’autisme au sein des TND entend produire des connaissances sur les troubles du spectre de l’autisme (TSA) et les TND, et à renforcer la recherche.

Objet, contexte, objectif :

Les appels à projets de recherche lancés depuis 2018 en sont un moyen. Ils sont coordonnés au plan national et européen et financés.

L’Agence nationale de la recherche (ANR) a lancé deux vagues d’appels à projets, en 2019 et 2020. De son côté, le ministère des Solidarités et de la Santé finance un programme hospitalier de recherche clinique sur la psychiatrie et sur les TND.

Mise en œuvre :

En 2019, l’appel à projets passé dans le cadre de l’Agence nationale de la recherche a débouché sur la sélection de huit projets portant sur les TSA et les TND, pour un budget total de 3,3 millions d’euros.

Du côté des projets ministériels de recherche appliquée en santé, neuf projets ont été retenus en 2018 et 2019, pour un montant de 3,5 millions d’euros.

Des appels à projet sont également organisés dans le champ des sciences humaines et sociales. Un séminaire organisé par l’Institut de recherche en santé publique (Iresp) en novembre 2019 a permis de les préparer. Les projets ont été sélectionnés fin 2020, plusieurs projets ont été retenus. L’opération sera réitérée en 2021 et 2022.

Pourcentage d’action réalisée à venir

En savoir plus :

Voici la liste des projets retenus en 2019 dans le cadre de l’appel à projets de l’Agence nationale de la recherche :

  1. iReelAx : Analyse interspécifique des fonctions de Reelin dans le câblage des circuits et les troubles neuro-développementaux
    Porteur : Filippo DEL BENE (Institut Vision Paris) - PRC
  2. TRIOTISM : Role of the RhoGEF TRIO in neurodevelopmental diseases
    Porteur : Anne DEBANT (CRBM Montpellier) - PRC
  3. MICROBIAUTISM : L’axe microbiome-intestin-cerveau dans les troubles du spectre de l’autisme
    Porteur : Michel NEUNLIST (Université de Nantes) - PRC
  4. VISUAL : Style cognitif visuel dans l’autisme : évaluation et répercussions
    Porteur : Lucie BOUVET (CERPP, Université de Toulouse) - JCJC
  5. SEPIA : Sensory and Emotional Processing in Autism Spectrum Disorders
    Porteur : Marie GOMOT (Université Tours- Inserm) - PRC
  6. NEOPRENE : NEOnatal PREcursors of NEurodevelopment
    Porteur : Nadège ROCHE-LABARBE (Université de Caen Basse Normandie- COMETE) - JCJC
  7. RUBINeuroStress : Melling Rubinstein-Taybi Syndrom : Functionalizing a rare monogenic disease to address the therapeutic potential of stress response pathways in neuronal disorders
    Porteur : Aurélie DE THONEL (Université Paris Diderot) - PRCE
  8. EULALIES : Un nouvel outil d’évaluation des Troubles du Développement des Sons de Paroles (TDSP) des enfants francophones
    Porteur : Anne VILAIN (Université Grenoble Alpes) - PRC

Constitution d’une cohorte de grande ampleur

Cette cohorte, qui s’étendra de la grossesse à l’âge adulte, permettra d’étudier les trajectoires neuro-développementales précoces et leurs déterminants.

Objet, contexte, objectif :

Une fois constituée, cette cohorte permettra de :

- tester des hypothèses ou décrire les facteurs de risque, les trajectoires neuro-développementales et/ou les parcours médico-sociaux précédant le diagnostic d’autisme ;
- recueillir des informations portant sur la période prénatale et la petite enfance ;
- inclure une dimension génétique, pharmacologique et environnementale ;
- constituer une base de données pérenne, en lien avec le secteur sanitaire, médico-social mais aussi avec les CRA et les centres d’excellence ;
- mobiliser au minimum des compétences en génétique, clinique, sciences de l’environnement, pharmacologie, épidémiologie et informatique de santé, au sein d’un consortium multi-disciplinaire.

La cohorte sera pilotée par des épidémiologistes. Sa construction mobilise 6 millions d’euros.

Mise en œuvre :

Une mission de préfiguration de la cohorte a été confiée à deux chercheurs, Geneviève Chêne et Marie-Aline Charles. Leurs premiers résultats ont été présentés au Conseil national du 28 mars 2019.

Un appel à manifestation d’intérêt a ensuite été lancé par l’Agence nationale de la recherche le 7 juin 2019. Cinq lettres d’intention ont été reçues. Un appel à projets a par la suite été lancé. Un projet scientifique commun est en cours de finalisation :

- la présentation du projet de recherche est attendue pour fin mars 2021,
- la réponse du jury international interviendra entre fin avril et début mai 2021.
Ce projet reçoit un financement durant 5 ans, qui peut être prolongé de 10 ans.

Le chiffre clé : 6 millions d’euros sont dédiés à la constitution de cette cohorte de grande ampleur

Action réalisée à 20 %



Voir le projet transversal : la qualité
Voir l’engagement 2 : Intervenir précocement auprès des enfants présentant des différences de développement
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[1Institut national de la santé et de la recherche médicale, Centre national de la recherche scientifique, Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement