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Covid-19, autisme et TND

Publié le 16/03/2021 Mis à jour le 23/09/2021 Temps de lecture : 12 minutes

Vaccination, consignes aux établissements, numéros d'appui... Retrouvez ici les principales réponses aux questions relatives à l'épidémie de Covid-19 que se posent les personnes atteintes de troubles du spectre autistique ou de troubles du neurodéveloppement; ainsi que leurs proches et accompagnants.

FAQ vaccination

1) Qui peut être vacciné dès à présent ?

Sont concernés dès maintenant : 

  • l'ensemble des personnes de 12 ans et plus, quel que soit leur lieu de vie et leur état de santé (avec ou sans comorbidités) ;
  • les professionnels de santé et les professionnels du secteur médico-social ;
  • les professionnels, de tout âge, considérés comme plus exposés.

La vaccination est recommandée pour les femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de la grossesse.

La vaccination n’est pas recommandée pour les adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à la suite d’une infection à la Covid-19 (avis du 11 juin 2021 du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale).

Les personnes de moins de 55 ans doivent être vaccinées avec les vaccins Pfizer-BioNTech ou Moderna et celles de plus de 55 ans peuvent être vaccinées avec les quatre vaccins disponibles.

À noter que les personnes ayant déjà eu la Covid-19 ne reçoivent qu’une seule injection, sur la base d’un justificatif (test PCR ou test antigénique ou résultat de sérologie positif). Ce justificatif doit dater de plus de 2 mois car il est nécessaire d’attendre au moins 2 mois après la fin des symptômes avant de procéder à la vaccination.

2) Les personnes en situation de handicap sont-elles concernées par la campagne de rappel vaccinal contre la Covid-19 ?

Les études récentes suggèrent une baisse de l’efficacité au cours du temps de tous les vaccins contre la Covid-19, en particulier contre le variant Delta. C’est pourquoi, conformément aux différents avis scientifiques rendus depuis le mois d’avril, le Président de la République a annoncé le 11 août le lancement d’une campagne de rappels de vaccination anti-Covid-19 dès le mois de septembre 2021 pour certaines populations prioritaires particulièrement vulnérables.

Les populations éligibles à un rappel vaccinal dès le mois de septembre 2021 sont les suivantes :

  • Les résidents des EHPAD et des USLD ;
  • Les personnes de plus de 65 ans ;
  • Les personnes à très haut risque de forme grave tels que les patients atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ; atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ; transplantés d’organes solides ; transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques; atteints de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ; atteints de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste spécifique établie par le COS et les filières de santé maladies rares) ; atteints de trisomie 21 ;
  • Les personnes présentant des pathologies facteurs de risque de forme grave (liste spécifique définie par la Haute Autorité de santé) ;
  • Les personnes sévèrement immunodéprimées ;
  • Les personnes ayant reçu le vaccin Covid-19 Janssen.

Les personnes ayant été vaccinées selon un schéma à deux doses recevront leur dose de rappel (ou troisième dose) à partir de 6 mois après la deuxième dose. Les personnes ayant reçu le vaccin Covid-19 Janssen, le délai minimal est de 4 semaines entre la primo vaccination et la dose de rappel.

A noter que les patients ayant contracté la Covid-19 après leur première injection ne doivent pas se voir proposer de dose de rappel.

Les résidents des EHPAD et des USLD se verront proposer le rappel vaccinal directement au sein des établissements. Pour les autres groupes de population éligibles, le rappel pourra être effectué soit en centre de vaccination, soit auprès d’un professionnel de ville (médecin, pharmacien, infirmier, sage-femme) habilité à prescrire et à administrer le vaccin.

La prise de rendez-vous en centre de vaccination pour une dose de rappel est ouverte à ces catégories de population depuis le 30 août. En ville comme en centre de vaccination, les injections ont démarré le 1er septembre.

A ce stade, s’agissant des personnes en situation de handicap âgées de moins de 65 ans et qui ne sont pas porteuses de pathologies les exposant à des formes graves de Covid-19 listées ci-dessus, l’injection d’une dose de rappel n’est pas recommandée, conformément à l’avis de la Haute Autorité de Santé du 23 août 2021.

3) Où dois je me rendre pour me faire vacciner si j’ai une pathologie à très haut risque de formes graves de Covid-19 ?

Si vous êtes atteint d’une pathologie à très haut risque de formes graves de Covid-19, vous pouvez être vacciné en centre de vaccination ou directement sur votre lieu de soin.

4) Comment les personnes sourdes et malentendantes, mal ou non voyantes peuvent prendre rendez-vous pour se faire vacciner ?

L’accessibilité aux personnes sourdes et malentendantes est assurée sur la plateforme sante.fr.

Pour les personnes mal ou non voyantes, une plateforme d’appel nationale est disponible au 0 800 009 110 (accessible de 6h à 22h, 7 jours sur 7).

5) Comment vérifier le niveau d’accessibilité des centres de vaccination ?

Le service accessible a pour mission de répertorier l'accessibilité des Établissements Recevant du Public (ERP) en France. À ce titre, l'ensemble des centres ont été importés sur la plateforme, permettant ainsi à leurs gestionnaires de fournir l'information d'accessibilité et aux usagers d'obtenir ces informations.

6) Y-a-t-il la possibilité de prendre en charge d'éventuels frais de transport pour se rendre jusqu'à un centre de vaccination ?

Oui, le transport par ambulance ou le transport assis professionnalisé entre le domicile et le centre de vaccination le plus proche des personnes, quel que soit leur âge, qui se trouvent dans l’incapacité de se déplacer seules est pris en charge par l’Assurance Maladie. Cette prise en charge sera possible sur prescription médicale et sera dispensée d’avance de frais. Nous vous invitons également à vous renseigner auprès de votre mairie ou de votre Conseil départemental. Les acteurs locaux développent des solutions pour apporter le vaccin au plus près des personnes peu mobiles. Il peut s’agir de centres mobiles de vaccination, d’équipes mobiles de vaccination ou encore de bus de vaccination. Des solutions d’aides au déplacement sont également proposés par certains centres de vaccination (ex : système de voitures avec chauffeurs). Par ailleurs, les infirmières et infirmiers diplômés d’État (IDE), ainsi que les sages-femmes, peuvent désormais prescrire et administrer les vaccins Astra Zeneca et Janssen. Cela vient renforcer les possibilités de vaccination à domicile pour les personnes éligibles à la vaccination avec ces deux vaccins.

7) Les enfants en situation de handicap peuvent-ils se faire vacciner ?

Les personnes de 12 à 17 ans peuvent être vaccinés en centre de vaccination, ou au sein des services hospitaliers où ils sont suivis, uniquement avec le vaccin Pfizer-BioNTech, seul bénéficiant à ce stade d’une autorisation de mise sur le marché à partir de 12 ans. Plus d’information sur la vaccination des mineurs en suivant ce lien

8) Quelles sont les contre-indications à la vaccination ?

Contre-indications inscrites dans la notice du produit :

  • Antécédent d’allergie documentée (avis allergologue) à un des composants du vaccin, en particulier polyéthylène-glycols et par risque d’allergie croisée aux polysorbates ;
  • Réaction anaphylactique au moins de grade 2 (atteinte au moins de 2 organes) à une première injection d’un vaccin contre la Covid-19 posée après expertise allergologique ;
  • Personnes ayant déjà présenté des épisodes de syndrome de fuite capillaire (contre-indication commune au vaccin Vaxzevria et au vaccin Janssen) ;
  • Personnes qui ont présenté un syndrome thrombotique et thrombocytopénique (STT) suite à la vaccination par Vaxzevria.

Recommandation médicale de ne pas initier une vaccination (1ère dose) : 

  • Syndrome inflammatoire multi systémique pédiatrique (PIMS) post Covid-19 ;
  • Une recommandation établie après concertation médicale pluridisciplinaire de ne pas effectuer la seconde dose de vaccin suite à la survenue d’un effet indésirable d’intensité sévère ou grave attribué à la première dose de vaccin signalé au système de pharmacovigilance (par exemple : la survenue de myocardite, de syndrome de Guillain-Barré …).

Situations de contre-indication temporaire à la vaccination contre la Covid-19 : 

  • Traitement par anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2 ;
  • Myocardites ou péricardites antérieures à la vaccination et toujours évolutives. • Infection de moins de 2 mois à la Covid-19.

Les consignes aux établissements et services médico-sociaux (ESMS)

Le  protocole sanitaire intègre les évolutions rendues nécessaires par l’évolution de la circulation du virus constatée en janvier 2021 et notamment le contexte d’émergence de variantes. Il s’applique à compter du 1er février 2021. Il repose sur les avis successifs du HCSP, notamment celui du 20 janvier 2021.

1. Les gestes barrières doivent être strictement appliqués, et certains doivent être renforcés :

  • La distanciation de 2 mètres lorsque le port du masque n’est pas possible, notamment lors des temps de restauration collective (i.e. entre groupes à la cantine) ;
  • Le port de masques grand public de catégorie 1 pour les résidents et visiteurs ;
  • Le port de masques chirurgicaux pour tous les professionnels, salariés ou intervenants extérieurs, bénévoles;
  • Le renforcement de l'aération.

2. Le principe général demeure le maintien de visites et des sorties individuelles en famille, par exemple le week-end

Ainsi, l’ensemble des mesures d’encadrement des visites diffusées le 5 novembre 2020 continuent de s’appliquer, sous réserve de consignes contraires de l’ARS. Une suspension totale des visites peut toutefois être instaurée, à titre exceptionnel, pour les seules structures accueillant une majorité de personnes à risque de forme grave, pour tenir compte des circonstances locales ou de la situation épidémique de l’établissement.

3. Dans les établissements accueillant une majorité de personnes à risque de forme grave

Les visiteurs et intervenants extérieurs sont encouragés à réaliser un test de dépistage en amont de leur visite ou de leur intervention.

4. Dans l’ensemble des établissements, les visites restent interdites aux personnes positives et contacts à risques, de même qu’aux personnes revenant d'un pays hors UE et devant respecter une quarantaine de 7 jours, même en cas de test négatif.

La durée de quarantaine doit être portée à 10 jours (avec réalisation d’un test en sortie d’isolement) en cas de détection d’une forme variante.

5. Concernant les dépistages

Les consignes du 5 novembre 2020 restent d’actualité et sont complétées par la mention suivante : 

  • Les établissements doivent être en capacité d’organiser des campagnes de dépistage à fréquence régulière, de tester toute personne, professionnel ou personne accompagnée, contact ou symptomatique et d’assurer l’accès au dépistage de toute personne qui se souhaiterait se faire tester. Ils s’assurent à cet effet de disposer à tout moment du matériel et des ressources nécessaires à leur réalisation en privilégiant les tests RT-PCR dans le contexte de l’émergence des variantes du virus.
Une vigilance particulière est apportée à ces campagnes de dépistage, notamment dans les établissements accueillant une majorité de personnes à risque de forme grave.

Les numéros d’appui

Le 0 800 360 360 ? Un numéro unique, accessible gratuitement

Vous êtes en situation de handicap, vous êtes un proche aidant et ne trouvez pas de solution auprès de votre relais habituel, dans le cadre de la crise ? Le 0 800 360 360 est un numéro vert qui vous permet d’entrer directement en relation avec des acteurs impliqués dans l’accompagnement des personnes handicapées près de chez vous, qui se coordonnent pour vous apporter des solutions adaptées.

Ils sont réunis en « communautés 360 ». Ces acteurs peuvent être la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), les établissements et services médico-sociaux, l’hôpital, les professionnels de santé de ville, les associations de personnes, l’école, les entreprises, la mairie, les services publics, les citoyens. Le 0 800 360 360 est un numéro vert, c’est donc un numéro gratuit. Il est mis en place par le secrétariat d’État auprès du Premier ministre chargé des Personnes handicapées.

Quand faire appel au 0 800 360 360 ?

  • Vous êtes en situation de handicap, vous n’avez plus de solution d’accompagnement ou de soins en raison de la crise
  • Vous êtes un aidant, vous avez besoin de soutien, et vous ne trouvez pas de relais ?
  • Vous avez besoin d’appui pour reprendre vos activités habituelles ?
  • Vous accueillez un enfant en situation de handicap confié à l’aide sociale à l’enfance, la situation s’est dégradée pendant le confinement ?
  • Et aucun de vos relais habituels ne peut répondre à vos difficultés ?

Ce numéro d’appel sera pérennisé après la crise sanitaire de la Covid-19 pour devenir le point d’entrée unique des personnes en situation de handicap et de leurs proches aidants, sans solution ou ayant besoin d’être accompagnés. Un service de proximité déployé sur tout le territoire Une plateforme d’écoutants nationaux a également été mise en place : elle agit comme « filet de sécurité » pour les appels ne pouvant pas être pris dans l’immédiat par les équipes territoriales. L’objectif est d’assurer en toute circonstance écoute et relais aux appelants.

La stratégie autisme-TND face à la crise

Une organisation réactive et agile

Depuis sa création, la Délégation interministérielle a construit une organisation et des partenariats qui lui permettent au quotidien de transformer les actions prévues dans la stratégie en réalisations concrètes. Confrontés au confinement national, cette organisation et ces partenariats notamment avec les associations de familles se sont révélés solides et agiles. Ils ont été des atouts indiscutables pour répondre aux difficultés rencontrées lors de la crise.

Dès les premiers jours du confinement jusqu’à aujourd’hui, la Délégation recense et traite toutes les questions posées quotidiennement par les familles et les personnes concernant leur vie en temps de pandémie, notamment en échangeant régulièrement avec les associations de familles et organisations professionnelles sur les difficultés rencontrées. Administrations et opérateurs de l’État se sont mobilisés dans l’urgence pour répondre aux demandes : production d’une réglementation adaptée à la situation de crise, production d’informations, mise en place d’une FAQ quotidienne. 

Parce qu’il était important de ne laisser personne seule face à ses questions, ses inquiétudes et les informations parfois contradictoires, la Délégation a organisé une production massive d’information/sensibilisation. Autant d’outils et d’avancées qui serviront l’avenir.

« Nous sommes le 2 avril, nous portons le bleu et je pense à vous. Pour certains d'entre vous, rester enfermé chez soi est une épreuve. Je le sais. Je sais que ça vous déstabilise très profondément et ça fait parfois monter l'angoisse, une angoisse que vous n'arrivez pas à contenir et qui est dure pour vous et pour vos proches. Alors je voulais vous dire qu'un très gros travail a été fait, et j'ai une bonne nouvelle pour vous : vous allez pouvoir sortir un peu plus souvent avec une attestation qui sera faite spécialement pour vous... Parce que je sais aussi que retrouver parfois certains lieux qui sont les vôtres pour pouvoir sortir un tout petit peu plus est très important pour vous et pour vos proches. », message du président de la République Emmanuel Macron aux personnes autistes en date du 2 avril 2020

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