Les missions du secrétariat d’Etat

Le 7 juin, Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, a présenté une communication intitulée « Handicap : une priorité du quinquennat » en Conseil des ministres.

Le handicap est d’abord une histoire individuelle qui bouleverse le cours d’une vie, d’une famille. 12 millions de Français sont touchés par le handicap.

Nous devons changer le regard de la société sur le handicap, vaincre les préjugés et lever les obstacles. Nous devons relever le défi d’une société accessible et solidaire, qui facilite la vie au quotidien au lieu de stigmatiser, et qui rend possible tous les parcours de vie.

Cet objectif a guidé la décision de placer le secrétariat d’État auprès du Premier ministre. C‘est le gage de la priorité que le Gouvernement entend donner, pour répondre de manière concrète aux besoins des personnes en situation de handicap, quel que soit leur handicap et leur âge, dans l’ensemble de ses réformes.

Certes, le cadre législatif et réglementaire français est en grande partie posé. Pour autant, il demeure complexe, faute de coopération effective entre les différents acteurs. L’action du Gouvernement n’aura donc qu’une seule boussole : partir des besoins individuels et de l’expertise des personnes en situation de handicap et de leurs proches, pour bâtir des solutions collectives, et non l’inverse.

Notre action se fera dans la concertation avec l’ensemble des acteurs, en particulier les collectivités territoriales, avec pour fil rouge la simplification de l’accès aux droits et l’amélioration de la qualité du service public.

Dès son entrée en fonction, le Gouvernement a mis tout en œuvre afin de faciliter la rentrée scolaire des enfants concernés. En parallèle, un chantier de rénovation de l’accompagnement a été lancé pour apporter des réponses aux ruptures de parcours : tous les enfants qui en ont besoin auront accès à l’accompagnement adapté. Ils pourront ainsi bénéficier, eux aussi, d’une scolarité normale et d’un accès aux activités périscolaires ou extrascolaires.

Pour mieux accompagner les personnes devant faire face à l’autisme, la concertation du 4ème plan « autisme » a été lancée en 2017.

Le Gouvernement a précisé la mise en œuvre de l’engagement du président de la République de revaloriser l’allocation adulte handicapé (AAH) de 100 euros par mois.

L’effort fait en faveur de l’apprentissage et de la formation des demandeurs d’emploi devra pleinement bénéficier aux personnes en situation de handicap – leur taux de chômage étant, encore à l’heure actuelle, deux fois supérieur à la moyenne !

Il faudra en outre mobiliser davantage la diversité des acteurs des services publics de l’emploi, en particulier les employeurs. Des incitations à l’embauche des personnes handicapées, parmi lesquelles le déploiement effectif des services d’emploi accompagné, devront favoriser leur emploi effectif. Leur embauche ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme une opportunité pour donner vie à la société du travail pour tous, voulue par le président de la République.

En matière de transports comme de logement, c’est l’amélioration de la vie quotidienne de chacun qui doit être poursuivie. Pour renforcer la mobilité, 100 % des trajets accessibles seront identifiés et cartographiés. Le plan d’investissement transports pourra être mobilisé en appui de l’amélioration de l’accessibilité.

Toujours dans le champ du logement et de la construction, l’objectif d’accessibilité fixé par la loi du 11 février 2005 (pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) doit être réaffirmé. Les logements adaptés doivent être systématiquement identifiés, et l’accessibilité doit être mentionnée pour faciliter les recherches. Le développement des habitats inclusifs doit être favorisé en levant les obstacles administratifs. Les bailleurs sociaux devront identifier les logements adaptés et rendre cette liste transparente.

Le Gouvernement soutiendra également l’innovation technologique pour les personnes en situation de handicap, afin de rendre plus accessibles les services publics numériques.

Enfin, pour lutter contre l’usure sociale et la détresse des familles, nous serons particulièrement attentifs aux conditions de travail des accompagnants et à la qualité de vie des aidants familiaux. Le Gouvernement a déjà commencé de mettre en œuvre les nouveaux droits annoncés par le Président de la République.

Le regard sur la personne handicapée, en particulier la reconnaissance de ses compétences, ne changera que si nous donnons toute sa place à la personne handicapée, et favorisons sa visibilité dans les médias. Les Jeux olympiques et paralympiques 2024 seront l’occasion de valoriser à leur juste niveau les compétences de nos athlètes.
La politique du handicap du Gouvernement repose sur une responsabilité collective qui nous engage tous. Nous devons entrer dans une culture de l’efficacité. On juge la valeur, l’humanité d’une société à la place qu’elle accorde à ses membres les plus vulnérables.

Image © Présidence de la République – G.Mariette/F.Lafite