La Conférence nationale du handicap (CNH) 2026

Passer d'une société inclusive à une société pleinement accessible

Publié le Mis à jour le 16/09/2026 | Temps de lecture : 11 minutes

La 7ᵉ édition de la CNH s’est tenue le 4 septembre 2026 au Prisme de Bobigny (93), en présence du président de la République. Rendez-vous triennal incontournable, la CNH porte une ambition affirmée : construire une société accessible dans laquelle chacun peut choisir librement la vie qu’il souhaite mener, construire son parcours et exercer ses droits dans les mêmes conditions que tous les autres. Cet événement est l’occasion de dresser un bilan des politiques publiques engagées et de fixer les orientations de la politique du handicap pour les années à venir.

Chiffres clés

  • 691

    dispositifs de scolarisation issus de la stratégie nationale TND

  • Plus de 1 300

    pôles d’appui à la scolarité 

  • Plus de 280 000

    personnes bénéficiaires de la réforme des fauteuils roulants

  • 2 700

    clubs sportifs labellisés clubs inclusifs

Penser la société avec et pour les personnes en situation de handicap

Fidèle à sa démarche depuis sa création, la CNH est l’aboutissement d’un travail de co-construction lancé depuis plusieurs mois avec de nombreux acteurs du secteur :

  • six comités de pilotage préparatoires rassemblant les associations représentatives des personnes en situation de handicap (CNCPH, Collectif handicaps) et les associations représentant les élus locaux ont permis d’établir un bilan de la précédente CNH ;
  • quatre groupes de travail nationaux et une mission experte ont défini de nouvelles orientations sur des enjeux majeurs tels que l’école, l’habitat, la participation et la représentativité des personnes, l'intelligence artificielle et les nouvelles technologies ou encore la protection juridique des majeurs.

L’ensemble de ces travaux ont réuni un large panel d’acteurs de terrain et d’experts afin d’aboutir à des engagements traduisant directement les besoins et attentes des personnes concernées. 

16 engagements pour une société réellement inclusive

Les nombreuses concertations et contributions des associations et des services déconcentrés de l’État (préfectures et agences régionales de santé et collectivités territoriales) ont permis de fixer le cap des trois prochaines années avec un mot d’ordre : faire avancer les politiques publiques du handicap avec et pour les personnes concernées. À travers 16 engagements, 65 mesures ont été annoncées lors de la CNH : 

  1. Inscrire l’accessibilité au cœur du pacte républicain avec le lancement d’une stratégie nationale et territoriale de l’accessibilité, et plusieurs mesures visant à renforcer l’accessibilité des transports et celle des services publics physiques et numériques. 
  2. Garantir la scolarisation de chaque enfant au sein de l’école grâce à la coopération renforcée de l’Éducation nationale et du secteur médico-social au profit de chaque parcours d’élève.
  3. Renforcer l’accessibilité des parcours de formation dans l’enseignement supérieur par la sensibilisation des professionnels, l’essaimage de bonnes pratiques et l’expérimentation de l’auto-régulation à l’université.
  4. Permettre à chacun de choisir son emploi et développer ses compétences professionnelles notamment grâce à l’aide accordée aux entreprises pour la mise en accessibilité de leurs locaux, le dispositif d’emploi accompagné et le soutien à l’apprentissage des jeunes reconnus travailleurs handicapés.
  5. Renforcer l’accès à la santé (soins et prévention) avec le développement d’une offre de santé accessible sur l’ensemble du territoire et l’outillage des professionnels de santé.
  6. Accompagner chacun dans son projet de parentalité grâce à la mise en accessibilité des chambres de maternités de CHU et des dispositifs de droit commun.
  7. Permettre à chacun de se loger selon ses besoins et ses souhaits par la mise en accessibilité des logements avec notamment des équipements domotiques, la formation des futurs agents immobiliers à ces enjeux et la rénovation des modèles d’habitat partagé.
  8. Définir et reconnaître les associations de personnes en situation de handicap et s'assurer de leur pleine participation aux instances qui les concernent
  9. Renforcer la capacité juridique des majeurs protégés vers une logique d’autonomie avec la création d’une cartographie territoriale de l’accessibilité des juridictions et la formation des acteurs de la protection juridique sur les fondements de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées.
  10. Permettre à tous d’accéder à la culture, à une pratique sportive de proximité et aux loisirs du quotidien grâce à la mise en accessibilité des lieux culturels et des espaces naturels, ainsi que le prolongement des engagements fixés par la Stratégie nationale Sport et Handicap 2030.
  11. Faciliter l’accès aux droits et simplifier les démarches pour permettre aux maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH) de se recentrer sur l’accompagnement humain.
  12. Mettre les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle au service de l’autonomie grâce à la création d’un écosystème de technologies d'assistance et d'innovations.
  13. Garantir une citoyenneté pleine et entière pour tous avec des documents de communication électorale en FALC (facile à lire et à comprendre) et l’étude de l’éligibilité des personnes sous mesure de protection juridique.
  14. Faire du médico-social un levier de transformation de la société en pensant l’accompagnement autour de la personne en situation de handicap.
  15. Former les personnes concernées et les professionnels à la vie intime, affective et sexuelle.
  16. Lancer une nouvelle stratégie nationale autisme et troubles du neurodéveloppement (TND) afin de mieux accompagner les personnes concernées et garantir la qualité des interventions.

Un comité de suivi sera présidé par la ministre Camille Galliard-Minier le 29 septembre 2026 à l’occasion duquel elle présentera les 65 mesures et les plans d’action.

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Crédit : Ministères sociaux / DICOM / Cédric Bufkens / Sipa Press

Logo de la CNH 2026

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées : « Après trois conférences nationales, 10 comités interministériels, le handicap dans l'action publique est passé d'une prise en charge spécialisée par le médico-social à un objectif d'irrigation dans l'ensemble des politiques publiques et dans l'ensemble des ministères. »

Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées : « Aujourd'hui, nous ouvrons une nouvelle voie, celle de l'accessibilité universelle. Il ne s'agit plus de considérer que les personnes en situation de handicap seraient en dehors de la société et qu'il leur appartiendrait d'y entrer, mais d'affirmer par principe qu'elles y ont pleinement toute leur place. C'est l'ambition de cette CNH : passer d'une société inclusive à une société pleinement accessible. Cette conférence, ce sont 16 engagements et 65 mesures. À la fin du mois, chaque ministère présentera sa feuille de route au sein d'un comité de pilotage que je présiderai. Cette mobilisation, nous la voulons également partout dans chaque territoire. Faisons de cette CNH 2026 une nouvelle étape avec un objectif : changer le regard. Cette transformation, nous la réussirons ensemble. »

Emmanuel Macron, président de la République française : « L'accessibilité n'est pas une politique pour quelques-uns, elle est une condition de légalité. Et au fond, elle est essentielle pour la nation toute entière. On parle de ce que nous sommes, on parle de ce qu'est la République et on parle de ce qui est une nation qui fait confiance à tous ces citoyens. »

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Témoignages inspirants

Découvrez des témoignages et exemples inspirants d’initiatives locales qui illustrent quelques-unes des thématiques phares de la CNH : l’activité sportive, la vie intime et la mobilité des personnes en situation de handicap.

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Handicap, un frein à la vie intime ?

Virginie Dubost : « Bonjour, moi c'est Virginie Dubost. Je vis à Paris et je suis tétraplégique suite à un accident de la vie survenu il y a 8 ans déjà.

Aujourd'hui, les sujets tabous pour les personnes en situation de handicap, c'est clairement la vie intime. C'est-à-dire que les personnes en situation de handicap sont la plupart du temps vu comme des sujets de soin. On pense jamais à des choses positives alors que finalement, qu'on soit valide ou en situation de handicap, on a toujours les mêmes besoins d'aimer, d'être aimé, d'être désiré, d'être désirable aussi. Et même quand on a un schéma corporel qui a été altéré justement suite à un accident de la vie, une maladie ou autre, c'est important de se réapproprier son corps. Et c'est vrai que ça peut prendre un petit peu de temps mais ça va aussi avec la confiance en soi, l'estime de soi. Parce qu'être en situation de handicap, c'est aussi pouvoir parler de féminité, de parentalité, de vie intime comme tout le monde en fait.

La mobilité ne définit pas une personne finalement. Parce qu'au départ, c'était vraiment ce que je me disais. Je me disais : "c'est fini en fait". Surtout quand on est une femme, je pense que le schéma corporel, la vision de soi, est tellement importante et quand on se retrouve assise toute la journée, c'est pas forcément ce qui est le plus flatteur. 

Moi, ça fait 8 ans que j'ai eu mon accident et c'est vrai que je me suis reconnectée un peu à moi, à mon corps et je me suis autorisée aussi à rencontrer d'autres personnes au début en fait, surtout en centre de rééducation. Et après, je trouve que c'était un peu plus dur, quand on sort et qu'on affronte la vie réelle parce qu'on se sent un petit peu différent et je trouve que j'ai encore un petit peu de chemin à faire à ce niveau-là. Mais en tout cas, j'essaie de m'accepter de plus en plus et c'est de plus en plus évident pour moi de pouvoir aller vers les autres et de m'autoriser à séduire et avoir une vie de couple.

Ce qui serait clé pour libérer la parole sur la vie intime justement des personnes en situation de handicap, c'est de commencer à en parler dès le centre de rééducation parce que je pense qu'on a besoin d'un accompagnement, de montrer que c'est possible et de sensibiliser justement sur tous les  parcours que ce soit pour avoir un enfant, pour pouvoir se marier etc. 

Le conseil que je donnerais aux personnes qui ont eu un accident ou qui sont en situation de handicap, c'est déjà d'être patient, que ça va prendre du temps. Je pense qu'on a tendance à se dire qu'on va essayer de se reconstruire psychologiquement, physiquement etc. et que la vie viendra à la fin. Mais je pense que ça fait partie aussi des choses qui vont nous aider à prendre confiance en soi, à retrouver de l'estime de soi dès le départ. Donc je pense que ce n'est pas quelque chose qu'on doit mettre de côté parce qu'on est légitime comme tout le monde. »

Bloc-marque du ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées

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La passion du tennis au-delà du handicap

Melvil et Ksenia jouent au tennis sur un terrain en terre battue.

Melvil Vedrenne-Cloquet : « Je m'appelle Melvil Vedrenne-Cloquet, j'ai 13 ans, je joue au tennis fauteuil et je suis là pour les championnats de France. »

Ksenia Chasteau : « Je m'appelle Ksenia Chasteau, j'ai 20 ans, je suis joueuse professionnelle de tennis fauteuil. Je suis actuellement numéro 1 française et 8e mondiale. »

Melvil : J'ai découvert le tennis fauteuil au Centre national d'Angleterre et la Fédération française de tennis m'a répéré et m'a demandé de jouer pour la France. »

Ksenia : « J'ai découvert la discipline du tennis fauteuil grâce à une association à Marseille qui m'a proposé la discipline. Moi, je faisais du tennis avant mon accident. J'ai tout de suite adoré. Et voilà, les premières sensations ont été dingues. »

Melvil : « Ce qui m'a aidé à pratiquer le sport avec un handicap, c'est mes coachs, mes parents et moi aussi. Et je suis fier de moi. Le message que je voudrais passer, c'est d'essayer, ça va changer ta vie. »

Ksenia : « Je pense que le message qu'il faut passer à un enfant qui veut commencer, qui veut se lancer, c'est déjà : parles-en. Parles-en autour de toi, parle que tu as envie d'en faire. Ce qui m'a aidé à pratiquer le sport malgré le handicap, je pense que c'est tout simplement le plaisir, la passion. Dès que j'ai eu ces sensations trop good sur le terrain, trop bonnes. Le handicap, on l'oublie, juste on kiffe et donc on continue. »

Bloc-marque du ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées

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Mobi'Meuse, une auto-école inclusive

Denis Martel, responsable de Mobi'Meuse : « L'auto-école Mobi'Meuse c'est un gros projet sur l'ADAPEI de la Meuse pour pouvoir faire passer des permis AM ou BSR avec des voitures aménagées et avec une pédagogie adaptée pour aider nos adolescents et adultes en situation de handicap. 
Nous avons par exemple Brandon qui avait des difficultés sur une auto-école et qui est venu nous solliciter pour qu'on puisse de nouveau reprendre sa formation en sachant qu'il pensait ne pas pouvoir acquérir son permis de conduire. »

Brandon Marbaque : « Je suis venu prendre des cours avec Denis parce que c'est une auto-école adaptée et on est plus à l'aise avec Denis. Il nous explique mieux et nous met plus en confiance. Pour moi, avoir un permis, ça va me permettre de trouver un emploi, d'être autonome dans la vie et comme les autres, être comme tout le monde. »

Franck Briey, directeur général de l'association ADAPEI de la Meuse : « Notre première élève, ça faisait trois ans qu'elle était en auto-école. Elle avait déboursé pratiquement 6 ou 7 000 € et elle n'avait toujours pas le permis de conduire. Elle est venue dans notre auto-école et en un mois et demi, elle a eu le permis. »

Denis Martel : « Nous, on prend le temps, c'est ça le plus important, la répétition, la répétition. On travaille beaucoup avec la répétition. »

Franck Briey : « Et puis on a aussi des outils d'habituation pour permettre de rompre avec les angoisses. Avec le simulateur de conduite, on amène progressivement les personnes sur la voiture. »

Denis Martel : « Pour nous, c'est enrichissant de savoir que cette personne-là, peut-être qu'elle ne l'aurait jamais eu dans l'autre auto-école. Parce qu'il faut quand même de la patience, il faut une pédagogie. Il y a des personnes qui ont changé leur vie par rapport à ça. »

Franck Briey : « Aujourd'hui, on a pratiquement 350 personnes avec le permis de conduire et pratiquement 80 % qui ont le véhicule. Et donc ça, c'est effectivement la réussite de Mobi'Meuse. C'est cette vie de citoyen pleine et entière qu'on leur permet du fait de la mobilité. »

Frédéric Aubriot, ancien élève : « Avec mon permis de conduire, j'ai retrouvé du travail. Je travaille à La Poste. Ça m'a permis de partir en vacances. Avec mon permis, c'est nickel ! Et j'ai toujours mes 12 points ! »

Franck Briey : « On a déjà des gens de l'Ardèche, de la Bretagne, de Loire-Atlantique qui sont venus nous voir pour reprendre le modèle. Mon souhait ce serait qu'en fait on puisse avoir ce dispositif par l'ensemble des départements et en priorisant naturellement la ruralité. »

Bloc-marque du ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées

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