2 avril 2026 : Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme
Publié le Mis à jour le 02/04/2026 |
À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme ce jeudi 2 avril, chacun est invité à afficher un signe de couleur bleu pour marquer leur soutien aux personnes autistes ainsi qu’à leur famille. Ce symbole est un moyen d’attirer l’attention sur des troubles encore mal connus et d’inviter à construire une société ouverte et accueillante. L’occasion également de faire un tour d’horizon des principales avancées de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027.
Le ruban bleu, symbole d’inclusion en faveur des personnes autistes
Depuis plusieurs années des progrès notoires ont été réalisés en matière de sensibilisation à l’autisme et de son acceptation. Mais le chemin est encore long.
Si le chiffre de la prévalence varie selon les études, les scientifiques s’accordent sur un taux de 1 à 2 % pour l’autisme, soit 15 000 naissances par an en France et de 1 enfant sur 6 pour l’ensemble des troubles du neurodéveloppement, soit 120 000 naissances par an en France.
Le 2 avril, chacun est donc invité à faire un geste simple et symbolique qui témoigne de l'acceptation de la diversité en portant un ruban bleu, un vêtement bleu ou, autre option, partager un selfie bleu sur ses réseaux sociaux avec #TousEnBleu.
Inspiré par l’initiative « Light it up blue » de l’association américaine Autisme speaks, de nombreux monuments et équipements seront illuminés en bleu pour marquer leur soutien à cette journée de sensibilisation.
Retour sur les avancées de la stratégie nationale TND 2023-2027
La stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement (autisme, Dys, trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, trouble du développement intellectuel) s’articule autour de 6 engagements déclinés en 81 mesures. Lancée en novembre 2023, son enveloppe globale s’élève à 680 M€. Tour d’horizon des principales avancées.
Intensifier la mobilisation scientifique
L’année 2025 a été marquée par la création du sixième centre d’excellence pour les troubles du neurodéveloppement, établi à Bordeaux sous la direction du Professeur Anouck Amestoy. Cette nouvelle structure a rejoint le réseau national déjà constitué de cinq centres d’excellence situés à Lyon, Montpellier, Paris, Strasbourg et Tours.
À Montpellier, la cohorte Marianne, qui permet d’identifier dès la grossesse des facteurs susceptibles d’influence le développement de l’enfant, est désormais présentes dans 36 départements et se poursuit afin de renforcer le maillage national de la recherche sur les TND.
Également portée par le centre de Montpellier (CeAND), l’École des TND vise à développer les compétences et les connaissances autour des TND à travers une offre de formation hybride et inclusive. Le CeAND a donc lancé fin 2025 une formation gratuite et 100 % en ligne afin de favoriser les connaissances et une meilleure compréhension et inclusion des personnes présentant des TND.
L’activité des centres d’excellence s’intensifie, avec notamment le déploiement des programmes de recherche de l’Institut Robert Debré du Cerveau de l’Enfant, le centre d’excellence parisien. Une cohorte de 4 000 enfants sera suivie pendant 5 ans, avec comme objectif de mieux caractériser la diversité des trajectoires neurodéveloppementales précoces et d’identifier les facteurs de risque et de protection.
La synergie des acteurs de la formation et de la recherche est l’axe de développement prioritaire pour renforcer la culture commune à l’autisme et à ses troubles associés. Ainsi, un portail national construit notamment avec le groupement national des centres de ressources autisme et les 6 centres d’excellence autisme et TND recensera les offres de formation conformes aux recommandations de bonnes pratiques et dont la qualité aura été préalablement évaluée selon des repères nationaux accessibles à tous les acteurs de la formation volontaires.
Généraliser l’autorégulation pour en faire un outil de réussite scolaire
L’autorégulation consiste à soutenir la scolarisation des élèves autistes en classe ordinaire grâce à l’appui d’une équipe pluriprofessionnelle composée d’un enseignant et de personnels médico-sociaux. Ce dispositif contribue à rendre l’école plus accessible.
À la rentrée 2025, 75 dispositifs TND ont été créés dont 19 unités d’enseignements maternelle autisme (UEMA) à l’école maternelle, 27 unités d’enseignement élémentaires autisme (UEEA) et 5 écoles avec autorégulation à l’école élémentaire et 21 collèges et 3 lycées (dont 1 lycée agricole) avec autorégulation dans le second degré.
Actuellement, 664 dispositifs accompagnent plus de 5 600 élèves avec TND : 345 unités d’enseignement maternel autisme (UEMA), 185 unités d’enseignement élémentaire autisme (UEEA) et 79 écoles, 47 collèges et 8 lycées bénéficiant de l’autorégulation.
D’ici 2027, 380 nouveaux dispositifs scolaires (UEMA / UEEA / Autorégulation) seront ouverts partout en France pour les élèves avec TND.
Dans l’enseignement supérieur, en 2026, 63 % des étudiants des établissements universitaires peuvent déjà bénéficier d’un accompagnement par le programme Atypie Friendly soit 13 % de plus que l’année précédente.
Près de 53 % des établissement universitaires (hors grandes écoles) sont signataires de la charte et 2 établissements ont été labelisés en 2025. Atypie-Friendly apporte de nouveaux services et outils aux établissements d’enseignement supérieur et aux personnes concernées :
- des ressources de sensibilisation et de formation construites avec des experts scientifiques permettent de changer de regard sur les TND (autisme, Dys, TDAH, TDI) ;
- des outils pour rendre la pédagogie plus accessible aux équipes pédagogiques.
L’objectif vise à prendre en compte les spécificités des étudiants TSA, TDAH, Dys dans tous les établissements de l’enseignement supérieur pour leur donner toutes les chances de réussir, en veillant à les accompagner dans les périodes de transition. Une première expérimentation sur le déploiement d’Atypie Friendly au lycée est en cours de lancement.
Poursuivre le repérage dès le plus jeune âge
Entre 2024 et 2025, le nombre de plateforme de coordination et d’orientation (PCO) 7-12 ans nouvellement créées a progressé, avec 42 PCO supplémentaires, pour atteindre 73 PCO ouvertes. Au total, on dénombre 182 PCO (0-6 ans et 7-12 ans). Cette dynamique s’accompagne d’une hausse des dépenses de forfaits (0-6 et 7-12), estimées à 45 M€ en 2025, contre 35 M€ en 2024. Enfin, le repérage et l’orientation des enfants s’intensifient : le nombre d’enfants repérés et adressés (0-6) est passé de 87 396 en juillet 2024 à 125 376 en juillet 2025 (+37 980 enfants).
L’élargissement de l’adressage (enfants de 0 à 6 ans) à d’autres professionnels que les médecins fait l’objet, depuis le 1er octobre 2025, d’une expérimentation dans deux PCO en Normandie. Cet élargissement vise à faire baisser l’âge moyen de repérage, actuellement supérieur à 4 ans et à surmonter les situations où la démographie médicale est défavorable. Si les résultats, attendus pour la fin du premier semestre 2026, sont positifs, la mesure sera progressivement déployée sur tout le territoire national.
La guidance parentale se développe dans le champ spécifique des troubles du neurodéveloppement pour se conformer aux recommandations de bonne pratique professionnelle promulguées par la Haute Autorité de santé et aux dernières données scientifiques qui étayent l’efficacité de ces interventions limitant le surhandicap des enfants concernés par les troubles du neurodéveloppement. La loi de financement de la sécurité sociale 2026 prévoit que les parcours de bilan et intervention précoce dont bénéficient les enfants adressés aux PCO intègrent un programme de guidance parentale financé par l’assurance maladie.
Un guide national dédié aux programmes de guidance à haut niveau de preuve a été publié pour permettre une diffusion conforme aux données de la science sur l’ensemble du territoire national.
Proposer un emploi et un logement en milieu ordinaire pour les personnes autistes avec un trouble du développement intellectuel associé
Un travail mené en concertation avec la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) a permis la rédaction d’une instruction, publiée en avril 2025, permettant le développement de l’emploi en entrepris et l’habitat autonome des adultes avec un TSA (trouble du spectre de l’autisme) ainsi qu’un TDI (trouble du développement intellectuel) en parallèle. Ce dispositif innovant, reposant sur une coopération des conseils départementaux et des ARS, est le fruit des diverses séances d’un groupe de travail dédié à ce sujet et composé de représentants de personnes concernées, de personnalités du secteur associatif et de professionnels des administrations centrales.
De façon schématique, il s’agit d’un dispositif de type médico-social, construit autour de l’armature juridique représentée par le modèle du SAMSAH (service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapées vivant à domicile).
Pour aller plus loin
-
Stratégie nationale troubles du neurodéveloppement 2023-2027
La nouvelle stratégie nationale participe à construire une société plus accueillante et plus sensibilisée aux besoins et aux choix de tous ses citoyens.
Publié le