La Conférence nationale du handicap (CNH) 2023
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La 6ᵉ édition de la CNH s’est tenue le 26 avril 2023 à l’Élysée, en présence du président de la République.
Une démarche préparatoire concertée
Cette édition a été précédée par des groupes de travail impliquant près de 500 acteurs (personnes handicapées, proches, associations, professionnels…) répartis sur tout le territoire. Ce mode participatif a alimenté les débats et orienté les engagements.
10 engagements structurants
La CNH 2023 a débouché sur 10 engagements organisés selon quatre grandes priorités :
- Inclusion à l’école et à l’université : renfort de l’accompagnement scolaire, formation des AESH, soutien aux étudiants handicapés, déploiement des pôles ULIS.
- Emploi pour tous : objectifs de plein emploi, meilleure insertion en milieu ordinaire, alignement des droits des travailleurs en ESAT.
- Accessibilité universelle : création d’un fonds territorial pour l’accessibilité (1,5 Mds € sur 5 ans), extension aux transports, logements, équipements, numérique.
- Effectivité des droits et accompagnement : service de repérage précoce, renforcement des MDPH, déploiement de 50 000 nouvelles solutions d’accompagnement.
Un lien fort avec les Jeux paralympiques 2024
Cette édition s’inscrit dans la perspective des Jeux paralympiques de Paris 2024, avec des mesures concrètes : déploiement de clubs inclusifs, remboursement amélioré des prothèses sportives, recrutement de référents “sport” dans les établissements médico‐sociaux.
Un pilotage suivi et renforcé
À la suite de la CNH, le CIH a renforcé la gouvernance avec un comité de suivi trimestriel réunissant État, collectivités et associations. Ce dispositif vise à garantir l’avancement concret des 10 engagements.
Retrouver le replay de la conférence du 26 avril 2023.
Témoignages
A l'occasion de la CNH, plusieurs vidéos ont été réalisées sur les thématiques suivantes : emploi, sport, accessibilité et école. Dans chacune de ces vidéos, nous partons à la rencontre d'une personne en situation de handicap qui nous raconte son quotidien.
Rencontre avec Tina qui vient de signer son premier CDI en milieu ordinaire
Conférence nationale du handicap 2023
Le décret de transformation des Etablissement et services d’aide par le travail (ESAT) est entré en vigueur au 1er janvier 2023. Une opportunité pour Tina qui vient de signer son tout premier CDI en milieu ordinaire.
Tina, 35 ans, Biganos, Gironde (73) : « J’ai vécu un peu la guerre en Afrique. Aujourd’hui, ça va un peu, mais avant, quand je suis venue en France, j’avais peur de tout. Quand on m’a dit « il faut aller à l’école », je supportais pas. J’avais pas confiance en moi. L’ESAT m’a aidée à faire quelques stages en milieu ordinaire. L’ESAT a ouvert un atelier McDo. »
Liane Adjemian, directrice générale : « Tina travaille avec nous depuis un an en équipe externalisée, et depuis cette année, elle est montée en compétences, elle a appris beaucoup de postes chez nous. Donc, aujourd’hui, handicap ou pas, ça change vraiment rien dans notre collaboration avec Tina. »
Dans le restaurant et en cuisine, Tina sert les plateaux aux clients et prépare des boissons.
Annouck Gréchez, directrice de l’ESAT d’Audenge Adapei de la Gironde : « La modalité qu’on a choisie pour Tina, c’est la possibilité d’avoir un double statut, à la fois ouvrier d’ESAT et travailleur de milieu ordinaire, et ça permet en fait à Tina d’évoluer dans un environnement professionnel dans lequel elle se sent bien et dans lequel elle a envie d’évoluer au quotidien, tout en gardant l’étayage de l’ESAT, avec l’appui notamment … Bon, elle, c’est pour accéder à la qualification. C’est également avoir un étayage médico-social avec sa coordinatrice, l’assistante sociale et toutes les personnes qui l’entourent. »
Tina : « Je vais essayer d’apprendre à écrire, à continuer mes progrès, comme ça, j’aurai plus besoin de l’ESAT et je pourrai me débrouiller toute seule. J’aimerais bien dire que le système, c’est pour les personnes comme nous, qui sont handicapées. Il faut pas se décourager. Autour d’eux, il y aura toujours des personnes pour les aider. Il faut pas qu’ils abandonnent leurs projets, leur avenir. »
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Rencontre avec Agathe, nageuse handisport de haut niveau dans un club 100% accessible
Conférence nationale du handicap 2023
Agathe, nageuse handisport de haut niveau, s’entraine au Cercle des nageurs d’Antibes, un club entièrement accessible.
Agathe Pauli, 19 ans, Antibes (Alpes-Maritimes) : « Salut, je m’appelle Agathe, j’ai 19 ans, je suis venue ici avec en tête le projet de Paris 2024. Faire un podium, ce serait vraiment très bien. J’ai commencé à cinq ans des cours de natation, tout ça, et depuis, je me suis jamais arrêtée. J’ai commencé la compétition et c’est ça qui m’a plus, savoir que j’étais douée dans un domaine et que j’allais assez vite dans l’eau par rapport à sur terre. »
Dans une salle de sport, Agathe soulève des poids, accompagnée d'un entraîneur.
Régis Gautier, entraineur de natation : « Agathe, elle a un handicap assez léger, d’accord, donc je n’ai pas plus de contraintes sur un nageur valide que sur un nageur handisport comme Agathe. On est un des seuls centres en France à recevoir des nageurs handisports. C’est aménagé pour qu’elle puisse aujourd’hui, elle, par rapport à son handicap, accéder au Creps ou à la piscine. »
La jeune fille s’entraine à la salle de sport.
Agathe : « Je suis arrivée l’année dernière, donc le bâtiment était déjà tout neuf. C’est accessible pour les fauteuils roulants. Il y a les rampes, tout ce qu’il faut. Au début, j’appréhendais un peu en venant ici l’année dernière parce que je me suis toujours habituée à nager avec d’autres athlètes. Ils ont posé peut-être deux ou trois questions, mais même pas. Pour eux, c’était naturel en fait. J’ai été assez bien intégrée dans le groupe. C’est vrai que d’être dans un cercle seulement de handi, ça nous ferme un peu l’esprit, on va dire, et puis aussi aux autres. Et je trouve que partager des expériences, ça peut être sympa autour d’un groupe un peu équilibré dans les deux parties.
L'entraineur, Régis Gautier s’adresse aux nageurs dans le bassin : « Et ils seront nagés à l’envers. Et après, vous enlèverez les palmes, en commençant par le crawl. »
Régis Gautier, à la caméra : « Je pense qu’aujourd’hui, le sportif haut niveau, on va dire, handisport, n’est pas reconnu à sa juste valeur. Un nageur qui a été médaillé aux Jeux n’aura pas la même vie qu’un nageur paralympique qui a été médaillé sur les mêmes Jeux. »
Agathe : « Moi, j’ai commencé la compétition, les championnats de France handisport natation, personne n’en entendait parler, mais vraiment personne. Sur ça, on a fait un beau progrès, je trouve. Maintenant, il y a des directs sur Youtube, etc. Les championnats du monde, on n’en entend pas encore assez parler, je trouve, par rapport à l’évènement que c’est. Et donc je dirais, c’est ça, la diffusion un peu des sports et la valorisation de ce qu’on fait au quotidien. »
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Rencontre avec Hayri à Toulouse, une ville de plus en plus accessible
Conférence nationale du handicap 2023
La métropole de Toulouse a engagé sa transition vers l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Etat des lieux au côté d’Hayri.
Hayri, 42 ans, Toulouse (Haute-Garonne) : « Toulouse métropole, pour moi, ça reste quand même une ville très accessible. Si je dois aller en ville, faire les magasins, ou me déplacer pour autre chose, généralement, je prends les transports. Il y a des ascenseurs partout, le tram est accessible, le métro est accessible, les bus sont accessibles. Actuellement, la gare est en travaux. A l’avenir, en fait, cette gare-là (Toulouse- Matabiau) sera totalement accessible. On pourra y accéder via des ascenseurs et accéder à chaque quai. La majorité du centre de Toulouse a été réhabilitée et du coup, ces travaux-là ont pris en compte l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Les commerces sont pratiquement tous accessibles. Même quand ça ne l’est pas, ils mettent une rampe amovible. Ils ont mis une étiquette, y a juste à sonner, demander la rampe. Ils la mettent, ils la retirent. Il y a eu beaucoup d’efforts de faits. Tout n’est pas parfait et tout ne le sera jamais, mais y a aussi beaucoup de contraintes. Ça peut-être des contraintes techniques, les petites rues et tout ça. Donc je ne vois pas comment ils peuvent faire pour faire des trottoirs plus larges alors que la route prend déjà toute la place. Donc s’il y avait un effort à faire, en fait, ce serait les incivilités : c’est les gens qui se garent n’importe comment, c’est les gens qui se garent sur les places handi et qui te disent « j’en ai pour deux minutes », les motos garées sur les trottoirs… Bon, les grosses poubelles, les ordures, ça, après, faut bien qu’ils les sortent pour que le ramassage soit fait. Mais les laisser traîner en vrac sur les trottoirs, ça reste compliqué. En fait, c’est souvent les incivilités qui nous pénalisent le plus. C’est aux gens qui ont pas de handicap de penser un peu aux personnes qui peuvent galérer aussi, pour les personnes âgées, pour les mamans qui ont des poussettes avec des enfants en bas âge. J’ai une petite pensée pour ces gens quand ils se garent n’importe comment et qu’ils se disent : "Peut-être qu’il y a une personne qui voudra passer ou il y a une personne qui a besoin de se garer, même si j’en ai pour trois minutes."»
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Rencontre avec Amanda scolarisée en Unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS)
Conférence nationale du handicap 2023
Depuis la rentrée 2022, l'établissement régional d'enseignement adapté (EREA) Hubert-Martin a mis en place le dispositif de scolarisation de jeunes en situations de handicap Ulis (unité localisée pour l'inclusion scolaire)
Amanda, 14 ans, à Briey, en Meurthe-et-Moselle (54) : « Je m'appelle Amanda. Je vis près de Norroy-le-Sec. J'ai des problèmes aux yeux depuis que je suis petite. J'ai mon handicap. Voilà. »
Dans un gymnase, une professeure d'une Ulis s'adresse à ses élèves : « On continue les présentations de ce que vous avez apporté, qui est important pour vous. »
Nathalie Caron, coordinatrice pédagogique de l'Ulis : « On a, cette année, recruté des élèves qui sont ressortis d'établissements médico-sociaux. Donc, ils n'étaient plus dans un parcours scolaire ordinaire. La grande nouveauté, c'est qu'en plus des cours spécifiques qu'ils peuvent avoir dans le dispositif Ulis pour compenser, ils ont aussi des temps éducatifs. »
Des élèves réalisent des activités manuelles dans le cadre d'un atelier éducatif.
Julie Benatti, coordinatrice des encadrants médico-éducatifs : « On va travailler les habilités sociales, la communication, l'organisation, etc. »
Nathalie Caron : « Amanda, elle se sent mieux dans notre établissement parce que, déjà, les éducateurs sont là. Donc, elle a plus de personnes à l'écoute de ses besoins particuliers. Elle a aussi beaucoup gagné en confiance, en autonomie, en capacité de travail. Cette année, elle est en 4e. Elle découvre les champs professionnels, c'est-à-dire qu'elle découvre des métiers de manière concrète. »
Amanda : « Moi, ce qui me plaît, c'est le champ pro et l'éducatif. »
Adrien François, éducateur technique spécialisé : « Tu peux prendre du papier à poncer. J'accompagne Amanda, quand elle est en groupe, pour un peu plus s'ouvrir aux autres, parler, tout ça, parce que c'est un peu difficile. En atelier, elle nous demande moins. Elle fait plus d'elle-même.
Pour le relationnel, je le vois vraiment dans la cour, avant, elle était toute seule, sur le banc. Maintenant, elle s'ouvre plus aux autres. Elle va dire bonjour à tout le monde, elle joue au foot avec les autres. »
Nathalie Caron : « Aujourd'hui, on est presque à la fin de l'année scolaire et je crois qu'on peut se dire qu'on y est arrivé. »
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