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Engagement 3

Rattraper le retard en matière de scolarisation

Publié le 02/04/2021 Temps de lecture : 9 minutes

L’accès à l’école ordinaire permet non seulement l’accès aux apprentissages, mais aussi la socialisation et l’inclusion dans la société, pour le présent et le futur. Les actions prévues dans le cadre de cette stratégie visent à créer une école plus inclusive. L’ambition est de généraliser l’accès des enfants autistes à l’école, de personnaliser leurs parcours et d’en garantir la continuité jusqu’à l’insertion sociale et professionnelle. La formation de tous les professionnels de l’éducation intervenant sur les parcours des enfants et adolescents est une condition essentielle.

 

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Création de nouvelles places en milieu ordinaire en école maternelle, élémentaire et au collège

L’une des priorités de la stratégie est de scolariser tous les enfants autistes-TND, à plein temps et dans les écoles ordinaires autant que possible.

Pour tout savoir sur la rentrée 2021, consultez l'article dédié en cliquant ici.

Objet, contexte, objectif :

La stratégie vise à ouvrir divers types de classes et de dispositifs pour les élèves avec un TSA de façon à répondre au mieux à la diversité de leurs besoins. Sur les deux premières années de la stratégie, le nombre d’élèves autistes scolarisés a augmenté de 5 % dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires) et de 8 % dans le second degré (collèges et lycées).

Mise en œuvre :

Une attention particulière est portée à l’ouverture d‘unités d’enseignement en maternelle autisme (UEMA).

Ces classes accueillent 7 enfants de 3 à 6 ans dont les besoins demandent un accompagnement médico-social important tout au long de la journée de classe. Les professionnels médico-sociaux interviennent dans l’école, pendant le temps scolaire. A terme, la stratégie prévoit le déploiement de 180 UEMA, avec l’objectif de scolariser environ 10 % des 3-6 ans concernés.

En 2021, 89 nouvelles classes ou nouveaux dispositifs spécifiques : 50 en maternelle, 39 en élémentaire, dont 17 sont de nouveaux dispositifs appelés « d’autorégulation ». Une étude de cohorte pour observer les parcours de ces enfants scolarisés à partir de l’UEMA est lancée par le ministère de l’Éducation nationale. Ces unités d’enseignement sont aussi créées sur un modèle de fonctionnement analogue à l’école élémentaire (UEEA).

Au total, 216 classes créées en 3 ans. Plus de 700 nouveaux élèves autistes feront ainsi la rentrée au côté de leurs camarades pour une scolarité à plein temps.

Bilan : 336 classes sur l’ensemble du territoire. 
 

Les élèves présentant un TSA ou un autre TND sont également scolarisés à l’école ou au collège en bénéficiant d’unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) : ces unités proposent des temps de regroupement alternant avec des temps d’inclusion en classe ordinaire, le tout avec l’encadrement d’un enseignant spécialisé et d’un AESH dédié au dispositif.

Les Ulis concernent 6 600 élèves dans le premier degré et 4 400 dans le second durant l’année scolaire 2020/2021, soit une augmentation de 848 élèves en un an.

Le chiffre clé : plus de 42 000 enfants concernés par un TND ont fait leur rentrée 2021 en milieu ordinaire

«Il était un peu rejeté́ du système, en tout cas, le système n’était pas adapté à lui... Et là, on se trouve dans un système qui veut fonctionner avec lui, en l’incluant pleinement…» - Témoignage d'un parent « Mon fils est en UEEA et pour lui ça a été un vrai changement. Il évolue, il grandit, apprend avec plaisir et devient un élève. Il est passé de résultats scolaires catastrophiques à de de très bons résultats scolaires. Même au niveau du comportement, les crises ont fortement diminué : on passe de plusieurs crises par jour à une tous les deux ou trois mois parfois. C’est génial ! »

- Témoignage d’une mère

Action réalisée à 70 %
 

Déploiement de dispositifs d’autorégulation dans les premier et second degrés

En France, à la rentrée 2021, 17 dispositifs ont vu le jour dans les écoles élémentaires et s’ajoutent aux dispositifs déjà existants de la Nouvelle-Aquitaine. Le dispositif d’autorégulation est une innovation importée du Canada. La Délégation interministérielle et le ministère de l’Education nationale ont confié à Maryse Lacombe et Anne-Sophie Morena une mission pour accompagner le déploiement national de dispositifs supplémentaires. Dans le second degré, des dispositifs d’autorégulation sont expérimentés avec succès dans quelques collèges.

Objet, contexte, objectif : Les enfants sont présents dans la classe ordinaire correspondant à leur niveau et bénéficient en plus d’un programme individualisé par une équipe formée à l’autorégulation. Un local de l’école est dédié aux activités d’autorégulation qui peuvent être proposées individuellement ou en petits groupes. L’enseignant et l’équipe d’autorégulation leur apprennent à mieux contrôler leur attention, leurs comportements et leurs émotions tout au long de la journée scolaire.

Cet entraînement permet à chaque élève concerné, lorsqu’il se sent prêt, de rejoindre sa classe et d’y suivre les enseignements dispensés. Tout le personnel de l’école est formé aux principes de l’autorégulation. Ainsi, toute l’école est amenée à engager des changements de pédagogie et d’organisation qui profitent à tous les élèves (y compris à la cantine et à la récréation).

Mise en œuvre : Neuf dispositifs d’autorégulation ont vu le jour dans les écoles élémentaires à la rentrée 2020, 17 en 2021. La Délégation interministérielle et le ministère de l’Education nationale ont confié à Maryse Lacombe et Anne-Sophie Morena une mission pour accompagner le déploiement national de dispositifs supplémentaires. Dans le second degré, des dispositifs d’autorégulation sont expérimentés avec succès dans quelques collèges.

Le chiffre clé : 26 dispositifs d’autorégulation en tout

«Je constate une réelle émulation autour d’un travail collaboratif entre l’équipe médico-sociale et pédagogique. Le handicap n’est plus un frein, au contraire, il devient facilitateur de progrès.» - Témoignage d’une principale adjointe d'un collège

Pourcentage d'action réalisée à venir

Recrutement, formation et déploiement des professeurs-ressources pour les TSA et TND

Dans chaque département est créé un poste de professeur-ressources sur les troubles du spectre de l’autisme pour aider à la bonne scolarisation des élèves du premier et du second degré.

Objet, contexte, objectif : Le professeur-ressources intervient dans les établissements scolaires, auprès des équipes pédagogiques et des enseignants qui accueillent dans leurs classes des enfants autistes, pour les aider à mieux comprendre les besoins des élèves concernés, les conseiller, leur indiquer des outils et leur proposer des adaptations de leurs pratiques d’enseignement.

Mise en œuvre : La stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement a prévu l’installation de 100 professeur-ressources.

En 2019, 51 enseignants spécialisés ont été nommés et formés, puis 49 en 2020. L’objectif est donc entièrement atteint. Ces professeurs-ressources ont reçu 200 heures de formation en alternance durant leur première année d’exercice, à l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (INSHEA).

Dans certains départements qui recensent des besoins importants, un second poste de professeur-ressources a pu être créé.
 

Le chiffre clé : 101 professeurs-ressources sur le TSA et les TND en France

«L’accompagnement des collègues, au plus près de leurs réalités dans les classes, permet de voir que de nombreux enseignants sont en route, cherchent et se démènent, pour scolariser les enfants autistes.» - Témoignage d’un professeur-ressources

Accompagnement des élèves présentant un TND en lycée professionnel

Les élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme ou un autre trouble du neuro-développement doivent avoir accès à tous les parcours scolaires proposés dans les collèges et les lycées. Leur parcours doivent être personnalisés et sécurisés jusqu’à l’insertion professionnelle et l’inclusion sociale.

Objet, contexte, objectif : Les élèves avec TSA et TND doivent donc pouvoir suivre une formation générale ou professionnelle, que ce soit en milieu ordinaire, dans les collèges, au sein d’unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) ou de sections d’enseignement général adapté (Segpa), dans les lycées d’enseignement général et technologique, dans les lycées professionnels (notamment avec l’appui d’une Ulis). Ils peuvent également être accompagnés dans une formation par l’apprentissage ou en alternance ou encore dans un établissement de l’enseignement agricole.

Mise en œuvre : Pour faciliter la continuité des parcours scolaires au-delà de la classe de 3e, la stratégie nationale 2018 - 2022 pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement prévoit la création de 30 Ulis d’ici à 2022 en lycée professionnel et la scolarisation de 500 adolescents supplémentaires.

A la rentrée 2020, six étaient dénombrées dans des lycées généraux et technologiques ou en lycée professionnel. La multiplicité des spécialités professionnelles rend plus difficile la constitution de petits groupes d’adolescents concernés par les TSA et TND au sein d’un même établissement.

La Délégation interministérielle a donc réorienté 11 millions d’euros de crédits médico-sociaux pour financer des dispositifs de type Sessad, pôles de compétences et de prestations externalisées, services expérimentaux... prioritairement dédiés à l’accompagnement des adolescents autistes engagés dans une formation professionnelle ou technologique.

Pourcentage d'action réalisée à venir
 

Renforcement de l’accès à l’enseignement supérieur

L'accès des personnes autistes aux études supérieures est déterminant pour la poursuite de leur parcours d'inclusion scolaire et leur accès à l'emploi.

Objet, contexte, objectif : La stratégie nationale prévoit de faciliter l’orientation et l’accès aux études supérieures aux étudiants qui ont un TSA ou un TND. C’est le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation qui est mobilisé sur cet objectif. Les effectifs des étudiants concernés par un trouble du spectre de l’autisme ou un TND croissent de 38 % par an en moyenne depuis 2016. En 2019, 1 114 étudiants avec TSA étaient accompagnés par les dispositifs handicap des établissements supérieurs.

Mise en œuvre :

Tout d’abord, la plateforme Parcoursup permet de renforcer l’accessibilité à l’enseignement supérieur. En particulier, les candidats présentant un trouble du spectre de l’autisme ou du neuro-développement peuvent être accompagnés individuellement jusqu’à la fin de la procédure par les commissions académiques d’accès à l’enseignement supérieur et bénéficier d’un traitement spécifique de leur dossier, non limité à la procédure d’algorithme standard.

Entre la rentrée 2018 et la rentrée 2019 (année de mise en place de Parcoursup), le taux d’entrée en première année d’enseignement supérieur des candidats avec TSA a progressé de près de 20 points (+ 27 % à la rentrée 2018, + 35 % à la rentrée 2019).

Des actions sont également menées pour améliorer la qualité de l’accompagnement des étudiants.

En 2019, 94 % des étudiants autistes avaient un plan d’accompagnement défini pour leurs études et mis en place par le référent handicap de l’établissement.

Un guide d’aide à l’évaluation des besoins des étudiants avec TSA et un vademecum des pratiques des établissements a été publié par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. De plus, la Stratégie nationale soutient le programme Aspie Friendly.

Il s’agit d’un réseau de référents dédiés à l'accueil et à l'accompagnement des étudiants ou futurs étudiants autistes. Plus de 300 étudiants sont désormais accompagnés dans une vingtaine d’universités. Des actions de formation spécifiques sont proposées aux enseignants du supérieur.

Le chiffre clé : 94 % des étudiants autistes ont un plan d’accompagnement pour leurs études

“Merci encore au programme Aspie Friendly sans lequel je n'aurais pas eu le courage de reprendre les études.” - Un étudiant à l'Université Clermont-Auvergne

Pourcentage d'action réalisée à venir